L’uranium nigérien au cœur d’un imbroglio mondial : 1 000 tonnes en attente à Niamey

Une cargaison massive de concentré d’uranium, estimée à au moins 1 000 tonnes, est actuellement immobilisée dans l’enceinte militaire de l’aéroport de Niamey. Entre images satellites révélant des mouvements suspects et menaces de saisies internationales, le régime militaire nigérien cherche désespérément une issue pour sa précieuse ressource.
1. Un stock sous haute surveillance
L’AFP a confirmé par satellite la présence de 34 camions arrivés début décembre à l’aéroport. Bien que la cargaison ait été déplacée vers des zones sécurisées le 14 janvier, elle reste sur le territoire nigérien. Ce stock provient des mines d’Arlit (Somaïr), dont la junte a annoncé la nationalisation en juin dernier, au détriment du géant français Orano.
2. L’impasse logistique et sécuritaire
Pour vendre cet uranium, le Niger doit l’exporter. Mais les voies classiques sont bouchées :
- Bénin : Frontière fermée par Niamey pour des raisons de tension politique.
- Togo : Seule option portuaire viable, mais elle impose la traversée du Burkina Faso et de la région de Tillabéri, devenue la zone la plus meurtrière du Sahel avec 1 200 décès en 2025. Le risque d’attaque jihadiste sur un convoi aussi sensible est jugé maximal.
3. L’ombre de Moscou
La présence constatée de deux avions de transport russes Iliouchine Il-76 sur le tarmac de Niamey entre le 9 et le 13 janvier alimente toutes les spéculations. Bien que Maria Zakharova (diplomatie russe) affirme « devoir s’enquérir » de la question, le rapprochement militaire entre le Niger et la Russie, scellé par un traité en 2025, laisse suggérer que Moscou pourrait être l’acheteur final ou le transporteur de cette cargaison.
4. La menace judiciaire française
Orano a porté plainte en France pour « vol en bande organisée ». Cette procédure est une arme diplomatique puissante : elle oblige tout pays de transit (comme le Togo) à saisir la marchandise s’il veut respecter ses engagements internationaux. C’est ce blocage juridique qui expliquerait les hésitations de Lomé à ouvrir son corridor.

