Loi anti-tabac au Sénégal : la LISTAB dénonce un projet de révision jugé opaque et illégitime
La Ligue Sénégalaise contre le Tabac (LISTAB) s’oppose fermement à un projet de révision de la loi anti-tabac de 2014, porté par le ministère de la Santé et de l’Action sociale. Dans un communiqué officiel daté du 5 août 2025, l’organisation dénonce une initiative menée « dans des conditions opaques, suspectes et non transparentes ».
Selon la LISTAB, le texte aurait été élaboré en commission technique dès novembre 2023, sans concertation avec les principaux acteurs de la société civile engagés dans la lutte contre le tabagisme au Sénégal.
Appel au président de la République et au Premier ministre
Dans sa déclaration, la Ligue interpelle directement le président de la République et le Premier ministre, les appelant à bloquer immédiatement ce projet de loi actuellement introduit dans le circuit administratif du gouvernement.
Elle exhorte également l’exécutif à ne pas soumettre ce texte à l’Assemblée nationale, ni à l’inscrire à l’ordre du jour d’un Conseil des ministres, estimant que la procédure actuelle viole les principes de transparence et de collaboration.
Une dénonciation du manque d’inclusion de la société civile
Pour la LISTAB, l’un des points les plus préoccupants est l’exclusion totale des organisations légitimes de lutte contre le tabac dans le processus de révision de la loi. Elle remet ainsi en cause « la crédibilité et la fiabilité » du projet en question, qui serait, selon elle, le fruit d’un activisme ministériel suspect.
L’organisation met en garde contre toute tentative de passage en force et demande au ministre de la Santé, M. Ibrahima Sy, de prendre du recul et d’ouvrir un dialogue transparent avec les véritables acteurs représentatifs du secteur.
Un appel à l’évaluation réelle de la politique anti-tabac
La LISTAB invite enfin le ministre à faire un état des lieux sérieux et objectif de la lutte anti-tabac au Sénégal, en collaboration avec les structures expérimentées et reconnues. Elle rejette toute démarche fondée uniquement sur les recommandations internes au ministère ou sur des acteurs jugés non représentatifs.

