Le Grand Théâtre national retire la note controversée interdisant greffages, perruques et dépigmentation
Le Grand Théâtre national du Sénégal a officiellement retiré la note de service qui avait déclenché une vive polémique sur les libertés individuelles et les droits des femmes. Ce document interdisait aux agents de l’institution de porter des greffages, des perruques ou de pratiquer la dépigmentation, suscitant un tollé dans l’opinion publique et sur les réseaux sociaux.
Une clarification du Directeur général après une vague de critiques
Dans une nouvelle note adressée au personnel, le Directeur général du Grand Théâtre a tenu à clarifier ses intentions. Il affirme que la directive initiale n’avait nullement vocation à restreindre les libertés individuelles ni à porter atteinte à la dignité humaine, mais plutôt à valoriser l’image professionnelle, culturelle et identitaire de l’établissement dans un cadre purement fonctionnel.
« L’objectif était de promouvoir une image cohérente avec les missions culturelles du Grand Théâtre national. »
Une mesure jugée stigmatisante, désormais annulée
La Direction générale dit regretter l’interprétation donnée à cette note, qu’elle estime avoir été sortie de son contexte professionnel, entraînant confusion et malaise au sein du personnel et au-delà.
Face aux préoccupations exprimées par plusieurs parties prenantes, et sur instruction de sa tutelle, la Direction a décidé de retirer officiellement la note de service, en vue d’assurer sa conformité avec la législation sénégalaise et les principes fondamentaux de respect des droits humains et de la diversité.
Inclusivité, exemplarité et cohérence institutionnelle
La Direction rappelle que l’inclusivité, la dignité humaine et le respect des personnes restent des valeurs essentielles au cœur de son fonctionnement. La démarche initiale, précise-t-elle, visait simplement à favoriser une appropriation des valeurs fondamentales de l’établissement par son personnel.
« À travers cette initiative, l’administration souhaitait proposer un cadre cohérent, en phase avec sa vision : exemplarité, rigueur et fierté culturelle. »
Un débat sur l’apparence et l’identité au travail
Cette affaire relance le débat autour de la liberté d’apparence dans les institutions publiques sénégalaises, notamment en ce qui concerne les femmes, souvent ciblées par des normes esthétiques implicites ou explicites.
Le retrait de la note est salué par plusieurs acteurs de la société civile comme une victoire pour les droits des femmes, mais appelle également à une réflexion plus large sur l’équilibre entre image institutionnelle et liberté individuelle.

