Justice : Yassine Fall alerte sur les difficultés du tribunal de Pikine-Guédiawaye
En visite au Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye, la Garde des Sceaux, Yassine Fall, a dressé un constat préoccupant des défis structurels qui affectent le fonctionnement de cette juridiction stratégique.
Un manque criant de ressources humaines
Face aux autorités judiciaires locales, la ministre a mis en lumière un déficit important en personnel :
- au niveau national, 436 magistrats seulement pour un besoin estimé à 1 324,
- à Pikine-Guédiawaye, 9 juges du siège pour 23 requis,
- et 3 magistrats au parquet au lieu de 7.
Un déséquilibre qui pèse lourdement sur le traitement des dossiers.
Une pression judiciaire en forte hausse
Les chiffres avancés illustrent l’ampleur de la charge :
- plus de 16 000 plaintes enregistrées en 2025,
- déjà 4 728 plaintes au premier trimestre 2026,
- et plus de 1 000 détenus provisoires.
Cette situation traduit un engorgement des services et un recours élevé à la détention provisoire.
Des besoins urgents en infrastructures
Le président du tribunal, Amath Sy, a plaidé pour des mesures concrètes :
- la construction d’une grande salle d’audience,
- la création de nouveaux cabinets d’instruction,
- et un renforcement global des moyens matériels.
Objectif : améliorer les conditions de travail et accélérer le traitement des dossiers.
Vers une réforme du système judiciaire
En réponse, Yassine Fall a réaffirmé la volonté des autorités de mener des réformes structurelles. Celles-ci devraient s’articuler autour de :
- l’augmentation des effectifs,
- la formation continue des personnels,
- et une meilleure organisation des juridictions.
Une ambition affichée
La ministre a insisté sur la nécessité de bâtir une justice « plus accessible, plus efficace et plus humaine », dans un contexte marqué par une demande judiciaire croissante.
La visite de Yassine Fall au tribunal de Pikine-Guédiawaye met en évidence les défis majeurs auxquels fait face la justice sénégalaise. Entre surcharge des dossiers et manque de moyens, les réformes annoncées apparaissent désormais comme une urgence.

