Justice financière au Sénégal : Le Forum du Justiciable appelle le PJF à plus de rigueur pour éviter le discrédit

Face à la multiplication des libérations sous contrôle judiciaire dans des dossiers financiers de haute importance, Babacar Ba, président du Forum du Justiciable, exhorte le Pool Judiciaire Financier (PJF) à une profonde remise en question de ses méthodes de travail. Pour l’organisation, l’efficacité de la reddition des comptes ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de la précipitation.
Le constat d’une fragilité procédurale
La récente vague de mises en liberté provisoire — notamment dans les dossiers concernant Farba Ngom ou Tahirou Sarr — soulève des interrogations sur la solidité des dossiers d’accusation. Pour Babacar Ba, ces décisions judiciaires successives suggèrent une insuffisance dans l’instruction ou une certaine improvisation dans l’engagement des poursuites.
Le risque, selon le Forum du Justiciable, est de donner à l’opinion publique une perception d’acharnement politique plutôt que de justice sereine, ce qui pourrait, à terme, fragiliser la confiance des citoyens envers les institutions.
Les trois piliers pour une justice financière crédible
Pour corriger cette trajectoire, Babacar Ba propose une feuille de route axée sur la qualité et la solidité juridique :
- Renforcement des enquêtes préalables : Le PJF doit s’assurer que les preuves matérielles sont irréfutables avant toute arrestation. Une accusation de blanchiment ou de détournement de deniers publics ne peut reposer sur de simples présomptions.
- Rigueur méthodologique : L’instruction doit être menée avec une précision technique irréprochable pour résister aux arguments de la défense lors des demandes de mise en liberté.
- Éviter la systématisation des libérations : Des procédures « fragiles » mènent inévitablement à des remises en liberté qui, aux yeux du public, peuvent être interprétées comme un échec de l’accusation ou une faiblesse du dossier.
Préserver la mission du Pool Judiciaire Financier
Le Pool Judiciaire Financier a été créé pour être le fer de lance de la lutte contre la délinquance économique. Cependant, comme le rappelle le Forum du Justiciable, « l’exigence de reddition des comptes doit s’accompagner d’une éthique de responsabilité ».
Pour Babacar Ba, la crédibilité de la justice financière sénégalaise est en jeu. Sans une préparation rigoureuse, la lutte contre l’impunité risque de se transformer en un simple effet d’annonce, sans impact réel sur la préservation des ressources publiques.

