IRAN : Plus de 5 000 morts confirmés dans la répression des manifestations de janvier

La contestation qui a éclaté en Iran au début de l’année 2026 vire au bain de sang. Selon l’ONG américaine HRANA, le seuil symbolique des 5 000 victimes a été franchi ce vendredi 23 janvier. Alors que les Nations Unies exigent l’arrêt immédiat de la répression, Téhéran conteste les chiffres et nie toute influence diplomatique américaine sur sa politique pénale.
Par [Votre Rédaction]
La guerre des bilans : un fossé abyssal
Le travail de vérification des ONG est entravé par la coupure quasi totale d’Internet imposée par le régime depuis le 8 janvier. Pourtant, les chiffres collectés révèlent l’ampleur du massacre :
- Bilan de HRANA (USA) : 5 002 morts confirmés (dont 4 714 manifestants et 42 mineurs). Près de 10 000 autres décès sont en cours d’investigation.
- Bilan d’IHR (Norvège) : 3 428 manifestants tués, avec une crainte que le bilan réel n’atteigne les 25 000 morts.
- Bilan Officiel (Téhéran) : 3 117 morts, mais le pouvoir qualifie 2 427 d’entre eux de « martyrs » (forces de l’ordre ou passants), rejetant la faute sur les « émeutiers ».
Exécutions : Téhéran conteste les propos de la Maison Blanche
Le 15 janvier dernier, Washington affirmait que Donald Trump avait empêché l’exécution de 800 manifestants par des menaces d’intervention. La réponse du Procureur général iranien, Mohammad Movahedi-Azad, a été cinglante ce vendredi :
« Cette affirmation est totalement fausse. Ce chiffre n’existe pas et le pouvoir judiciaire n’a pris aucune décision de ce type. »
Bien qu’aucune exécution de manifestant n’ait été officiellement signalée pour ce mouvement précis, l’Iran reste le deuxième pays au monde qui exécute le plus (au moins 1 500 personnes en 2025).
Une répression judiciaire dénoncée par l’ONU
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a profité d’une session extraordinaire du Conseil des droits de l’homme ce vendredi pour hausser le ton :
- Libération immédiate : Exigence de relâcher les 26 852 personnes arrêtées arbitrairement (estimation HRANA).
- Moratoire : Appel à l’arrêt total de la peine de mort et des procès sommaires.
- Fin de la brutalité : Dénonciation des peines disproportionnées infligées aux contestataires.
Le régime iranien semble avoir opté pour une stratégie de « black-out » informationnel doublée d’une répression féroce pour étouffer toute contestation. Si les chiffres des ONG se confirment, ce mouvement de janvier 2026 pourrait devenir l’un des épisodes les plus meurtriers de l’histoire moderne de la République Islamique. La pression internationale, bien que forte à l’ONU, semble pour l’instant glisser sur un pouvoir judiciaire sourd aux appels au moratoire.

