Insécurité et lutte sénégalaise : Siteu répond fermement au Ministre de l’Intérieur

Le phénomène des agressions « simol » (racket de masse) place le monde de la lutte sous le feu des projecteurs, mais pas pour ses prouesses sportives. Face aux menaces de sanctions du ministre de l’Intérieur, le lutteur Siteu (écurie Lansar) est monté au créneau pour défendre sa corporation tout en pointant les racines sociales du problème.

Un refus de la stigmatisation

La fermeté affichée par le ministre de l’Intérieur, Mouhamadou Bamba Cissé, ne laisse place à aucun doute : l’État veut éradiquer l’insécurité liée aux rassemblements de lutte. Si Siteu salue cette volonté de protéger les citoyens, il rejette catégoriquement l’indexation exclusive du « Lamb ».

Selon des propos rapportés par Kawtef, le chef de file de Lansar juge cette approche injuste. Pour lui, la violence n’est pas l’apanage de la lutte :

« Il serait injuste de cibler uniquement la lutte en omettant d’autres rassemblements comme les matchs de navétanes ou certains événements religieux où des débordements surviennent également. »

Le chômage, véritable terreau de la délinquance

Au-delà du débat sécuritaire, le « phénomène social » Siteu a tenu à rappeler les réalités de la banlieue. Pour lui, les agressions ne sont que la face visible d’un mal plus profond : la détresse d’une jeunesse sans perspectives.

Le lutteur a pointé du doigt le chômage endémique et les promesses politiciennes non tenues qui laissent les jeunes sénégalais désorientés. Pour le Tarkinda, la solution ne doit pas être uniquement répressive contre les acteurs du sport national, mais doit passer par une véritable insertion des jeunes.

Un appel à l’équité

En prenant la parole, Siteu se fait le porte-voix d’une discipline souvent perçue comme un bouc émissaire lors des crises sécuritaires à Dakar. Tout en encourageant la police à faire son travail, il appelle les autorités à une analyse plus globale de la violence urbaine, afin de ne pas sacrifier l’économie de la lutte sénégalaise sur l’autel de la sécurité publique.

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