Guinée-Bissau : Bassirou Diomaye Faye et Julius Maada Bio à la manœuvre pour une transition rapide

Une délégation de haut niveau de la Cedeao a séjourné à Bissau ce samedi. Menée par les présidents sénégalais et sierra-léonais, cette mission de médiation a tenté d’arracher un calendrier électoral à la junte du général Horta N’Tam, tout en plaidant pour la libération totale des prisonniers politiques.
Le duel des calendriers
Le cœur des discussions repose sur la durée de la transition. Alors que l’armée avait initialement promis de rendre le pouvoir dans un délai d’un an après le renversement d’Umaro Sissoco Embaló en novembre dernier, le discours a changé.
Le Haut Commandement militaire évoque désormais une « période de sécurité » indispensable, jugeant qu’une année est insuffisante pour stabiliser le pays. De leur côté, Bassirou Diomaye Faye et Julius Maada Bio poussent pour une transition « courte et transparente » afin d’éviter l’enracinement du régime militaire.
« Nos discussions ont été constructives. Nous appelons à une transition rapide menée par un gouvernement inclusif », a déclaré le président Bio sur le réseau social X.
Au chevet de l’opposition
Signe de la tension politique, les médiateurs ont multiplié les rencontres symboliques :
- En prison : Ils ont rendu visite à Domingos Simões Pereira, figure historique de l’opposition, incarcéré depuis le putsch.
- En asile : Ils se sont entretenus avec Fernando Dias, candidat à la présidentielle, qui vit retranché à l’ambassade du Nigeria.
Si la junte a déjà libéré neuf opposants ces dernières semaines, la Cedeao exige désormais une libération inconditionnelle de tous les détenus politiques pour restaurer le dialogue national. Pour l’heure, les militaires privilégient une approche au « cas par cas », sans calendrier fixe.
Une force de la Cedeao à Bissau ?
L’autre point de friction majeur concerne la sécurité. La possibilité de déployer une force d’intervention de la Cedeao a été mise sur la table. Si les dirigeants ouest-africains y voient un moyen de garantir la stabilité, le général N’Tam et ses hommes y voient une « menace pour la souveraineté nationale ».
Ce refus d’une présence militaire étrangère complique la donne pour la Cedeao, qui cherche à éviter que la Guinée-Bissau ne rejoigne le bloc des pays de l’AES (Alliance des États du Sahel) dans une rupture durable avec l’organisation régionale.

