GUÉDIAWAYE : Bataille autour d’un héritage, le déchirement d’une famille
Le quartier de Guédiawaye est le théâtre d’un scandale familial qui défraye la chronique. Après le décès d’un propriétaire immobilier prospère, ses héritiers directs (ses enfants) se retrouvent démunis, spectateurs impuissants d’une spoliation orchestrée, selon eux, par leurs propres tantes et une cousine.
Un décès, deux braquages familiaux
La disparition de cet oncle respecté, polygame et père de plusieurs enfants, a ouvert la boîte de Pandore. Alors que le deuil aurait dû inviter au recueillement, une partie de la fratrie du défunt est passée à l’offensive pour s’accaparer les biens avant même l’ouverture de la succession.
1. Le compte bancaire vidé par les sœurs
Selon les témoignages recueillis auprès de l’entourage des héritiers, les propres sœurs du défunt auraient réussi, par des manœuvres encore floues, à accéder aux comptes bancaires du disparu.
- Le mode opératoire : Profitant de la possession des documents administratifs et de la confiance familiale, elles auraient effectué des retraits massifs peu après l’annonce du décès.
- Le préjudice : Des économies d’une vie qui devaient servir à l’éducation et à l’avenir des enfants ont été dilapidées en quelques jours.
2. L’immeuble de la discorde : La nièce « collectrice »
Le conflit s’étend également au patrimoine immobilier. Le défunt possédait un immeuble de rapport générant des revenus locatifs mensuels importants. Là encore, la solidarité familiale a cédé la place à la cupidité : une nièce du défunt s’est autoproclamée gestionnaire des lieux.
Chaque début de mois, elle fait le tour des locataires pour encaisser les loyers, laissant les héritiers légitimes sans aucune ressource pour subvenir à leurs besoins quotidiens.
La Justice saisie : Vers une bataille pour la succession
Face à cette situation de « non-droit », les héritiers, encadrés par leurs conseils, ont décidé de porter l’affaire devant le Tribunal de Grande Instance.
- Le blocage des comptes : Une demande de mise sous séquestre des biens immobiliers est en cours pour stopper l’hémorragie financière.
- Le Code de la Famille : Au Sénégal, le droit successoral est très strict. Que ce soit sous le régime du droit musulman ou du droit commun, les enfants sont des héritiers réservataires. Les sœurs et nièces ne peuvent prétendre à l’héritage qu’après désintéressement total de la descendance directe, dans des conditions bien précises.
Un phénomène de société inquiétant
Ce drame de Guédiawaye n’est pas un cas isolé. Il soulève le problème récurrent de la gestion des successions au Sénégal, où la « famille élargie » tente souvent de supplanter la « famille nucléaire » au moment du décès du patriarche.
Cette affaire est le reflet d’une crise des valeurs où l’appât du gain rapide l’emporte sur les liens du sang. Sur le plan juridique, les sœurs et la nièce risquent des poursuites pour abus de confiance, vol d’héritage et recel. Il est impératif pour les chefs de famille d’organiser leur succession de leur vivant (testament, procurations limitées) afin d’éviter que leurs enfants ne deviennent les victimes de ceux qui auraient dû les protéger.

