Gamou du 4 Avril à Thiocé Ouest : Abdou Faty Niang prône un retour aux valeurs

THIÈS — Entre pelles, balais et exhortations religieuses, le marabout Abdou Faty Niang a profité des préparatifs du Gamou annuel pour lancer un cri du cœur. Face à la montée des « vices » sociaux, de la migration irrégulière et de la quête de célébrité instantanée, le guide religieux appelle à un « réarmement moral » de la jeunesse par l’éducation islamique.
La propreté comme socle de l’éducation
Pour le marabout, l’assainissement de la Djakay Sané dépasse le simple cadre de l’hygiène environnementale.
En s’appuyant sur les enseignements prophétiques, il a rappelé que la propreté est une composante de la foi. Mobiliser les jeunes pour nettoyer leur quartier est, selon lui, le premier pas vers la responsabilité citoyenne et le don de soi.
Le diagnostic des dérives sociales
Le discours s’est durci lorsqu’il a fallu aborder les maux qui rongent une partie de la nouvelle génération. Abdou Faty Niang a identifié trois « pièges » majeurs :
Il le désigne comme la racine du mal, poussant les jeunes vers l’agression, la drogue ou des compromissions morales.
Une dérive qui, selon lui, mène à des comportements « contre-nature » et à une perte de repères identitaires. Il exhorte les jeunes à ne pas s’embarquer dans les pirogues du « Barça ou Barçax », prônant la dignité sur la terre natale.
Un appel à la fermeté des autorités
Le marabout ne s’est pas contenté de conseils spirituels ; il a directement interpellé l’État pour une gestion plus rigoureuse des questions de mœurs.
- Traque et sanctions : Il demande aux autorités de « mettre les bouchées doubles » pour traquer et punir sévèrement les auteurs d’actes jugés déviants, citant en exemple les récits coraniques sur les cités disparues.
- Le rempart de la foi : Pour lui, seule l’éducation religieuse dispensée par des érudits locaux (tels que Moulaye Kébé ou Mahmoud Sy) peut servir de bouclier efficace contre l’influence des réseaux sociaux et des « privilèges » matériels.
Une fête nationale sous le sceau de la religion
Prévu le jour même de la fête de l’Indépendance, ce Gamou se veut une alternative spirituelle aux célébrations classiques.
Là où certains voient des défilés militaires ou des retraites aux flambeaux, les organisateurs de Thiocé Ouest voient une opportunité de célébrer la souveraineté du Sénégal par la prière et la grâce divine.
À travers cette sortie, Abdou Faty Niang réaffirme le rôle de régulateur social des familles religieuses de Thiès. Dans un contexte de mutations sociales rapides, son appel à la « dignité par la religion » résonne comme un avertissement solennel. Le rendez-vous du 4 avril sera donc, pour les habitants de Thiocé, bien plus qu’une fête : un moment de vérité pour la cohésion nationale.

