FONCIER : Alerte à Tivaouane Peulh, le quartier Diawara refuse la démolition de 30 hectares

Suite à un article de Leral.net : Le Collectif des victimes de démolition  de Tivaouane Peulh,

Le spectre des démolitions hante à nouveau la banlieue dakaroise. Ce jeudi 22 janvier 2026, les résidents du quartier Diawara (Tivaouane Peulh) ont crié leur désespoir face au projet de la société AD Invest SA. Le promoteur Mountaga Kane revendique un bail sur 30 hectares, incluant des zones habitées depuis plus de 15 ans.

Par Abdallah

Tivaouane Peulh — Entre les cris de détresse des mères de famille et les arguments techniques des délégués de quartier, la conférence de presse tenue hier a révélé l’ampleur d’un imbroglio foncier qui dure depuis 2011.

Un quartier né avant le bail contesté

Le cœur du litige repose sur l’antériorité de l’occupation. Selon Fassouri Diawara, délégué du quartier, l’existence du site précède largement les documents du promoteur :

  • Historique : Occupation dès 2010 et reconnaissance officielle en 2012.
  • L’anomalie : Le bail du promoteur, brandi en 2011, couvre une zone déjà lotie et habitée, ce qui soulève la question de l’absence d’enquête de commodo et incommodo (enquête publique obligatoire).
  • Premier choc : Environ 4 hectares d’habitations auraient déjà été détruits par le passé, alimentant la psychose d’une démolition totale des 26 hectares restants.

Des soupçons sur la procédure bancaire et juridique

Le collectif des habitants, par la voix de M. Diawara (lui-même banquier de profession), pointe du doigt des zones d’ombre inquiétantes :

  1. Le Financement : Les populations s’étonnent qu’une banque ait pu accorder un crédit massif au promoteur sur la base d’un terrain déjà occupé, sans évaluation préalable des risques.
  2. L’Administration : Une réunion sous la direction du sous-préfet aurait conclu à l’opposition unanime des services étatiques contre le projet du promoteur, jugé socialement explosif.

Les femmes en rempart contre les bulldozers

Seynabou Sy Keïta, résidente historique depuis 2004, a porté la voix des mères de famille. Pour ces femmes, la négociation n’est plus une option :

« Nous avons construit à la sueur de notre front. Nous refusons de discuter avec un promoteur. Nous exigeons de l’État la régularisation par des titres de propriété individuels. »

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