FATICK : Front commun contre les violences de genre et le cyber-harcèlement

La Direction régionale de la Famille, en partenariat avec l’agence belge de développement (ENABEL), a réuni les forces vives de Fatick pour un forum crucial. L’objectif : briser le silence autour des Violences Basées sur le Genre (VBG) et faire face à la menace émergente des violences numériques.
Sortir les VBG de la rubrique « faits divers »
Pour Ndèye Khadi Diouf, directrice régionale de la Famille, le message est sans équivoque : les violences faites aux femmes et aux filles sont des violations flagrantes des droits humains. Lors de son allocution, elle a insisté sur la nécessité de ne plus minimiser ces actes, qu’ils soient :
- Physiques ou sexuels (rappel de la loi criminalisant le viol).
- Économiques et sociaux.
- Numériques : un nouveau terrain d’agression qui nécessite une vigilance accrue.
Une stratégie de proximité et d’accompagnement
Le forum, présidé par l’adjoint au gouverneur, a mis l’accent sur le rôle des acteurs locaux comme relais d’information. Pour transformer cette sensibilisation en action concrète, deux leviers ont été mis en avant :
- La dénonciation systématique : Mme Diouf a encouragé les victimes à sortir de l’ombre pour rompre le cycle de l’impunité.
- La prise en charge : L’existence d’un centre d’accueil dédié à Fatick a été rappelée, offrant aux survivantes une orientation et un accompagnement adaptés.
Une mobilisation multisectorielle
La réussite de ce combat repose sur une alliance large. Société civile, groupements de femmes et leaders coutumiers ont répondu présent, affirmant leur volonté d’agir comme des sentinelles au sein des communautés pour favoriser une prise de conscience collective.
Ce forum à Fatick montre une adaptation nécessaire des politiques sociales : l’intégration des « violences numériques » dans l’agenda. À l’heure où l’accès au smartphone se généralise, le cyber-harcèlement devient un prolongement des violences physiques. En impliquant les leaders coutumiers, l’État cherche à faire tomber les barrières culturelles qui empêchent encore trop souvent la dénonciation.

