FADP 2025 : vers une nouvelle ère de transparence et de professionnalisation de la presse sénégalaise

Le Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP) amorce un tournant décisif dans sa gestion et son orientation stratégique. Lors d’une conférence de presse tenue le 7 avril 2026 au Building administratif Président Mamadou Dia, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a présenté le rapport de l’exercice 2025, mettant en avant une volonté affirmée de transparence, de redevabilité et de réforme structurelle du secteur.
Une gestion rigoureuse et transparente
Pour la première fois, un rapport détaillé a été rendu public, exposant l’ensemble du processus d’attribution des ressources. De la réception des dossiers à la sélection finale des bénéficiaires, chaque étape a été documentée selon des critères de légalité, d’équité et de traçabilité. Cette démarche marque une rupture avec les pratiques antérieures souvent critiquées pour leur manque de clarté.
Avec une enveloppe globale de 1,9 milliard de francs CFA, dont près de la totalité a été effectivement distribuée, le FADP a financé 164 bénéficiaires, soit environ 70 % des dossiers examinés. Une sélectivité assumée qui traduit une nouvelle logique : privilégier la qualité et la conformité plutôt que la dispersion des ressources.
Une redistribution plus ciblée
L’analyse comparative entre 2023 et 2025 révèle des changements profonds dans la répartition des fonds :
- Presse en ligne : moins de bénéficiaires, mais des montants nettement revalorisés
- Radios communautaires : augmentation significative des financements
- Télévisions : réduction du nombre de bénéficiaires avec des enveloppes plus conséquentes
- Radios commerciales : concentration des ressources sur un nombre restreint d’acteurs
Ce rééquilibrage vise à soutenir les structures les plus conformes aux exigences légales et professionnelles.
La formation au cœur de la réforme
Au-delà du financement direct, le FADP accorde une importance stratégique à la formation. Le Centre d’Études des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) a bénéficié d’une hausse spectaculaire de son budget, traduisant la volonté de renforcer les compétences des professionnels des médias.
Un levier pour la professionnalisation
La réforme introduit un véritable « effet bonificateur » : les organes respectant les normes fiscales, sociales et administratives voient leurs subventions considérablement augmenter. Ce mécanisme incite les entreprises de presse à se formaliser davantage et à adopter des standards plus élevés de gestion et de production.
Vers une gouvernance plus inclusive
Le processus d’attribution a été conduit en concertation avec les principales organisations du secteur, notamment le CDEPS, le SYNPICS et l’APPEL, ainsi que des représentants de la société civile. Cette approche participative renforce la légitimité des décisions et favorise une meilleure appropriation des réformes.
Un signal fort pour l’avenir
À travers cette nouvelle orientation, les autorités sénégalaises affichent une ambition claire : structurer durablement le secteur de la presse, renforcer sa crédibilité et garantir une utilisation optimale des ressources publiques.
Le FADP 2025 apparaît ainsi comme un instrument clé de transformation, posant les bases d’un écosystème médiatique plus professionnel, plus responsable et mieux adapté aux enjeux contemporains de l’information.

