Face à la menace russe, l’UE propose la création d’un « Conseil européen de sécurité »

L’Union européenne s’apprête-t-elle à vivre une révolution institutionnelle pour sa défense ? Ce dimanche 11 janvier 2026, depuis la Suède, le commissaire européen à la Défense et à l’Espace, Andrius Kubilius, a sonné l’alarme : l’Europe doit passer des débats aux décisions stratégiques face à une Russie en économie de guerre.

Un « noyau dur » pour décider vite

L’idée phare d’Andrius Kubilius est la mise en place immédiate d’un Conseil européen de sécurité. Contrairement aux sommets actuels qui réunissent 27 pays, cette structure serait resserrée autour de 10 à 12 membres.

Cet organe inclurait :

  • Les présidents de la Commission et du Conseil européen ;
  • Des membres permanents et rotatifs parmi les États membres ;
  • Le Royaume-Uni, invité de manière ponctuelle pour les discussions sur la sécurité continentale, marquant un rapprochement post-Brexit crucial.

Le constat alarmant des budgets de défense

Pour justifier cette urgence, le commissaire a mis en avant des chiffres chocs. En parité de pouvoir d’achat, les dépenses militaires de la Russie représentent désormais 85 % du budget total des 27 pays de l’UE.

« Rien n’indique que Vladimir Poutine ait une volonté de paix », a prévenu Andrius Kubilius, soulignant que l’absence d’unité reste la plus grande faille de l’Europe face à un Kremlin qui a réorganisé toute son industrie pour la guerre.

L’horizon 2030 : L’Europe sans le parapluie américain ?

Cette réforme s’inscrit dans un contexte de pivot stratégique des États-Unis. Tandis que Washington réoriente ses forces vers l’Indo-Pacifique pour contrer la Chine, l’Europe doit désormais assumer seule sa défense conventionnelle au sein de l’OTAN.

C’est tout l’enjeu de l’agenda « Defense Readiness 2030 ». Pour Andrius Kubilius, l’Union européenne n’a plus le choix : elle doit être prête à assurer sa propre sécurité d’ici la fin de la décennie. « Le manque d’unité est notre vulnérabilité. Nous devons apprendre à décider ensemble, et vite », a-t-il conclu.

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