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Du procès antitrust de Meta diviser la société, personne ne les prend au sérieux -

Du procès antitrust de Meta diviser la société, personne ne les prend au sérieux

Du procès antitrust de Meta diviser la société, personne ne les prend au sérieux

Journalistes et commentateurs se réveillent ensuite,
s’étonnant de la situation.
D’ailleurs, il n’y a pas besoin d’écouter les opposants, il suf-
fit de prendre au mot l’extrême droite. Le démantèlement
des politiques de diversité, prélude à l’abrogation des
ÉTATS-UNIS Accusé d’avoir assis son hégémonie et tué une possible concurrence
avec les rachats d’Instagram et de WhatsApp, le géant californien du numérique
pourrait être dans l’obligation de se séparer de ses deux applications.
droits civiques, était annoncé. La reconquête du sys-
tème éducatif était organisée depuis des années par
la droite conservatrice, convaincue que l’école est
le lieu d’endoctrinement des enfants par les élites
bien-pensantes gauchistes. Les attaques coordon-
nées contre les salaires, la sécurité et les syndicats
sont explicitées dans le Projet 2025, contrairement aux
grands discours pro-
Selon une étude
du Brennan Center,
environ 21 millions
d’Américains
pourraient
être empêchés
d’exercer leur
droit de vote.
travailleurs de Trump.
Ses récentes décisions
d’interdire les négocia-
tions collectives n’en
sont qu’un aperçu. De
même, la captation de
la branche judiciaire a
été planifiée. La subju-
gation de grands cabi-
nets d’avocats forcés à
travailler pro bono pour
le gouvernement pour
évacuer les plaintes qui se mettent sur son chemin
vient compléter ce dispositif.
Il faut donc prendre très au sérieux le Save Act, un projet de
loi visant à réformer le droit de vote. Cette loi exigerait,
entre autres, que les électeurs produisent une preuve de
citoyenneté au moment de voter, et non pas seulement
au moment de l’inscription sur les listes électorales. Or,
de nombreux citoyens n’ont pas accès à un passeport
ou à leur acte de naissance. Selon une étude du Brennan
Center, environ 21 millions d’Américains pourraient
ainsi être empêchés d’exercer leur droit de vote. Cela
pourrait également affecter 60 millions d’habitants des
zones rurales qui ne pourraient pas faire les longs tra-
jets requis pour aller se réinscrire. Cela affecterait mas-
sivement les femmes mariées qui ne pourraient pas
produire une pièce d’identité avec le même nom que sur
leur acte de naissance. Bref, ce serait un désastre. La ré-
cente déclaration de Trump laissant planer la possibili-
té d’un troisième mandat est un leurre. Le danger, c’est
que les gens ne puissent pas voter du tout. Et Trump ou
pas Trump, le plan de bataille de l’extrême droite est
clair et précis. Il n’est qu’une incarnation opportune
d’un projet collectif bien ficelé.
de séduction auprès
Malgré son opération
du camp républicain,
Mark Zuckerberg n’a
pas échappé au tri-
bunal. Le procès antitrust du
groupe tentaculaire Meta a dé-
buté lundi 14 avril. Pendant huit
semaines, le géant du numérique
va devoir répondre de son appétit
hégémonique – le groupe possède
Facebook, Messenger, Instagram
ou encore WhatsApp – face à un
juge du district de Washington.
L’entreprise menée par Mark
Zuckerberg – dont l’adoption
de la rhétorique, de l’idéolo-
gie et de l’esthétique trumpiste
a connu un coup d’accéléra-
teur ces derniers mois – pour-
rait justement être forcée de se
séparer des deux dernières ap-
plications citées, Instagram et
WhatsApp ; selon la plainte dé-
posée il y a cinq ans – sous le pre-
mier mandat de Donald Trump
– par la FTC (Federal Trade
Commission), qui contrôle les
pratiques anticoncurrentielles.
Elle accuse le groupe califor-
nien d’avoir acheté Instagram
et WhatsApp, respective-
ment en 2012 pour un milliard
de dollars (près de 880 mil-
lions d’euros) et en 2014 pour
19 milliards (environ 16,7 mil-
liards d’euros), afin d’étouffer
des concurrents potentiels.
Prêt à tout pour éviter ce pro-
cès, Mark Zuckerberg a mul-
tiplié les avances pour s’attirer
les bonnes grâces de Donald
Trump. Depuis janvier, il a mis un
terme au DEI (diversity, equity
and inclusion, « diversité, équi-
té et inclusion »), la politique
de diversité au sein de ses en-
treprises, a prôné les prétendus
bienfaits de «
l’énergie mascu-
line
» lors d’un entretien avec le
podcasteur trumpiste Joe Rogan
et a supprimé son programme de
lutte contre la désinformation sur
Facebook et Instagram.
OBTENIR LA CLÉMENCE
DE L’ADMINISTRATION TRUMP
Mark Zuckerberg s’est aussi
rendu à plusieurs reprises à la
Maison-Blanche ces dernières
semaines, a révélé le New York
Times, le tout afin d’obtenir la
clémence de l’administration
Trump. «
Je serais très surpris
qu’une telle chose se produise
», a
rétorqué Andrew Ferguson, pré-
sident de la FTC – nommé par le
président républicain en personne
–, au site spécialisé The Verge.
«
Pendant plus d’une décen-
nie, Meta a maintenu aux États-
Unis un monopole sur les services
de réseaux sociaux person-
nels
», accuse la FTC. L’agence
estime que les autres grandes
plateformes telles que TikTok,
Snapchat et YouTube n’appar-
tiennent pas à la même catégo-
rie. Une perspective que Meta
rejette, arguant avoir dû se battre
avec cette concurrence féroce.
Des courriels envoyés par Mark
Zuckerberg devraient aussi se
retrouver au centre des débats.
«
L’impact potentiel d’Instagram
est vraiment effrayant et c’est
pourquoi nous devrions envisager
de payer beaucoup d’argent
»,
avait notamment écrit le co-
fondateur de Facebook en 2012,
peu de temps avant le rachat
du réseau social aux 2 milliards
d’utilisateurs.
Les avocats de Meta comptent,
quant à eux, défendre le groupe
en affirmant que ces investisse-
ments ont permis de transformer
deux projets émergents en poids
lourds d’envergure mondiale.
Autre élément qui pourrait peser
au cours du procès : la validation
par la FTC, à l’époque, des deux
transactions mises en cause. Le
juge James Boasberg, qui tran-
chera, a déjà prévenu que l’agence
états-unienne «
va faire face à des
questions difficiles sur la capaci-
té de ses accusations à tenir la
route devant la cour
». Le groupe
Meta pourrait alors échapper à de
possibles sanctions et poursuivre
son entreprise hégémonique en
toute impunité.
TOM DEMARS-GRANJ

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