Dossier Farba Ngom : De l’ombre des milliards à la lumière des portables, le « gâchis » dénoncé par la presse

Onze mois après le déclenchement d’une procédure portant sur des détournements présumés de plus de 120 milliards de FCFA, l’actualité judiciaire de Farba Ngom s’est brusquement cristallisée sur la saisie de deux téléphones portables en cellule. Pour le quotidien Les Échos, ce glissement marque une chute spectaculaire d’un dossier qui peine à tenir ses promesses initiales.
Une « montagne qui accouche d’une souris »
Le contraste est saisissant. Les enquêteurs et l’opinion s’attendaient à un déballage financier sans précédent autour des 91 et 31 milliards de francs CFA initialement évoqués. Pourtant, la communication officielle de la Garde des Sceaux s’est longuement attardée sur des infractions au règlement intérieur de la prison. Un « rétropédalage » qui interroge sur la solidité des preuves financières accumulées depuis près d’un an.
Le sarcasme de Mame Diarra Fam
Cette situation n’a pas manqué de faire réagir la classe politique, notamment l’ancienne députée Mame Diarra Fam. Avec son style direct, elle a dégonflé la solennité de l’annonce ministérielle en rappelant une réalité de terrain : la circulation des téléphones en prison est un secret de Polichinelle au Sénégal.
« Téléphone portable ak prisonnier une longue histoire… », a-t-elle posté sur les réseaux sociaux, suggérant qu’une pratique aussi banale ne devrait pas faire l’objet d’une communication d’État ni « secouer une République ».
Le maillon faible : La surveillance en question
Au-delà de la polémique politique, une question de fond émerge : celle de la complicité ou de la faille sécuritaire. Comme le souligne justement le journal Les Échos, pointer du doigt le seul détenu revient à ignorer la responsabilité de l’administration pénitentiaire.
Si des téléphones circulent frauduleusement, c’est que la chaîne de surveillance a failli. « Faut-il accabler le détenu et laisser en paix ceux qui sont payés pour le surveiller ? », s’interroge le quotidien. Dans une démocratie exigeante, cette affaire devrait également déboucher sur des sanctions au sein de la hiérarchie carcérale.
Alors que le dossier Farba Ngom s’enlise dans des querelles de procédure et des détails de vie carcérale, la grande promesse de la reddition des comptes financiers semble, pour l’heure, passer au second plan.

