Diplomatie : Le Dr Yoro Dia redoute une « cacophonie » entre le Président et son Premier ministre
DAKAR — La politique étrangère du Sénégal est-elle en train de devenir le terrain d’une dualité périlleuse ? C’est le cri d’alarme lancé ce vendredi 6 mars 2026 par le Dr Yoro Dia. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), l’intellectuel et ancien proche de Macky Sall a critiqué les dissonances observées entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, particulièrement sur le dossier brûlant du Moyen-Orient.
Par la Rédaction (Service Politique)
Pour l’ancien ministre conseiller, le Sénégal s’aventure sur un terrain glissant où la confusion des rôles pourrait ternir la crédibilité diplomatique du pays.
Le « Domaine réservé » en question
Yoro Dia rappelle un principe fondamental de la Constitution sénégalaise : la diplomatie est la prérogative exclusive du chef de l’État. Selon lui, l’apparition de positions divergentes entre la Présidence et la Primature crée une « cacophonie » préjudiciable.
« L’État ne doit parler d’une seule voix, celle du PR dont c’est le domaine réservé », a-t-il martelé.
Le choc des influences : Arabie saoudite vs Iran
L’analyse de Yoro Dia se concentre sur les signaux envoyés par les deux têtes de l’exécutif dans le cadre de la crise au Moyen-Orient :
Porté par le Président Bassirou Diomaye Faye, fidèle à la tradition diplomatique sénégalaise d’alliance avec Riyad. Prêté à Ousmane Sonko, dont les récentes prises de position sont perçues comme un rapprochement avec Téhéran.
L’intellectuel utilise une métaphore historique puissante pour illustrer ce risque de fracture : « Ne transposons pas à l’International une cohabitation qui dégénère en rivalité homérique comme entre Perses et Arabes ».
De la « cohabitation douce » à la rivalité
Yoro Dia estime que ce qui était présenté comme une collaboration fluide au début du mandat est en train de muter en une compétition d’influence. Pour lui, cette « cohabitation » ne doit pas s’exporter au-delà des frontières nationales, au risque de voir le Sénégal devenir le théâtre de tensions géopolitiques étrangères.
La sortie de Yoro Dia remet au centre du débat la question du leadership au sein du nouvel exécutif sénégalais. En appelant à un retour à l’unité de commandement diplomatique, il interpelle directement le Président Faye sur sa capacité à s’imposer comme l’unique architecte de la politique étrangère, face à un Premier ministre de plus en plus présent sur les dossiers internationaux.


