Crise universitaire : « L’autorité ne comprend pas la diplomatie », dénonce Khadim Diouf

Invité de l’émission « Objection » sur Sud FM ce dimanche, le président de la Commission pédagogique de la faculté des Sciences a dressé un bilan amer de la crise qui paralyse les campus. Pour Khadim Diouf, c’est l’inertie de l’État qui a poussé les étudiants vers la « manière forte » .
Par abdallah
Le dialogue de sourds entre le monde universitaire et le gouvernement semble avoir atteint un point de non-retour. Alors que les amphithéâtres se vident au profit de la rue, les leaders étudiants brisent le silence pour expliquer l’échec des négociations. Sur les ondes de Sud FM, Khadim Diouf, figure de proue de la contestation à la faculté des Sciences, a exprimé une désolation profonde face à une autorité qu’il juge hermétique à la diplomatie.
Trois mois de dialogue pour rien
Selon Khadim Diouf, les étudiants n’ont pas choisi la confrontation par plaisir, mais par dépit. Pendant trois mois, mémorandums et tables rondes se sont succédé sans résultats concrets.
« Ce qui nous désole, c’est qu’on a épuisé toutes les voies du dialogue. Faire trois mois de négociations sans trouver un terrain d’entente est fort déplorable. Ce qu’on a remarqué, c’est que l’autorité ne comprend pas la diplomatie », a-t-il martelé.
Pour ces représentants, la sagesse de la négociation a été perçue comme une faiblesse par les autorités étatiques et universitaires, menant les étudiants dans une impasse totale.
Le « chaos » comme seul levier de négociation
Le constat de Khadim Diouf est cinglant : le système actuel ne réagirait qu’en situation d’urgence ou de violence. En attendant que la situation « dégénère » avant d’appeler à nouveau à la table des discussions, l’État enverrait un message dangereux à la jeunesse.
« Cela veut juste dire que l’autorité ne connaît que la manière forte et c’est elle-même qui impose à l’étudiant d’utiliser la manière forte », fustige-t-il, expliquant que les étudiants, désormais « dos au mur », n’avaient plus d’autre solution que de descendre sur le terrain pour se faire entendre.
Le nœud du problème : les rappels de bourses
Au-delà de la forme, le fond de la colère reste le même : le paiement des rappels de bourses. Si le gouvernement affirmait récemment être à jour sur les mensualités courantes, les étudiants, eux, réclament l’apurement de ces arriérés qui conditionnent leur survie quotidienne sur les campus.
Cette sortie médiatique intervient alors que le climat social reste extrêmement volatil dans les universités sénégalaises. Elle sonne comme un ultime avertissement : sans une rupture réelle dans la méthode de gestion des crises et un respect des engagements financiers, le chemin vers un retour au calme dans les amphithéâtres semble encore bien long.

