Crise majeure à l’ARP : Le SAMES dénonce une « gestion mafieuse » et saisit la justice

Le ton est monté d’un cran ce lundi 12 janvier 2026. Dans un communiqué d’une rare virulence, le Syndicat Autonome des Médecins, Pharmaciens et Chirurgiens-Dentistes du Sénégal (SAMES) a fustigé la gouvernance de l’Agence sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP). Entre soupçons de corruption et clientélisme, le syndicat appelle à une intervention judiciaire immédiate.
L’affaire « Softcare », l’étincelle de la discorde
Pour le SAMES, l’affaire Softcare n’est pas un incident isolé mais le symptôme d’un mal profond. Le syndicat qualifie la gestion de ce dossier d’« opaque et arbitraire », dénonçant une violation directe du décret n°2022-824 régissant la régulation pharmaceutique. Selon le bureau exécutif, ces manquements ne sont pas de simples erreurs administratives, mais des actes graves mettant délibérément en danger la vie des Sénégalais.
Corruption, népotisme et clientélisme
L’attaque du syndicat ne s’arrête pas à la sécurité sanitaire. Elle s’étend à la gestion des ressources humaines au sein de l’agence. Le SAMES dénonce :
- Des recrutements clientélistes : Le népotisme serait devenu, selon eux, le mode de gestion standard.
- Des soupçons de corruption : Le syndicat évoque des preuves documentées de malversations financières.
- Le non-respect du mérite : Une rupture d’égalité flagrante dans l’accès aux emplois publics au sein de l’institution.
Le silence « complice » du Ministère de la Santé
Le SAMES ne ménage pas la tutelle. Le syndicat s’indigne du silence du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, informé pourtant depuis des mois. Ce mutisme est interprété comme une « complicité passive ». L’Ordre des pharmaciens est également sommé de sortir de sa « neutralité de façade » pour situer les responsabilités disciplinaires avant que la profession ne soit totalement décrédibilisée.
Vers une bataille judiciaire et syndicale
L’heure n’est plus à la négociation. Le SAMES a officiellement annoncé :
- Le soutien à la saisine du Procureur de la République pour enquêter sur les faits de corruption et de favoritisme.
- Un état de mobilisation permanente de ses membres.
- Une mise en garde ferme contre toute tentative d’intimidation envers les agents de l’ARP qui dénoncent ces pratiques.
« Aucune atteinte à la dignité de nos camarades ne sera tolérée », prévient le syndicat, qui se dit prêt à engager une riposte syndicale « sans concession » pour restaurer l’intégrité de la régulation du médicament au Sénégal.

