Crise au Sommet : Cheikh Tidiane Gadio appelle le Président à « sacrifier le fruit » pour sauver les institutions

DAKAR — Invité de l’émission Grand Jury ce dimanche, le Dr Cheikh Tidiane Gadio a dressé un constat alarmant de la dualité au sein de l’exécutif sénégalais. Pour l’ancien ministre des Affaires étrangères, le blocage institutionnel entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko a atteint un point de non-retour, menaçant la stabilité et la gestion des priorités nationales.
Par la Rédaction (Politique & Institutions)
S’exprimant avec la pondération de l’homme d’État mais la fermeté de l’analyste, Cheikh Tidiane Gadio estime que le Sénégal ne peut plus se payer le luxe d’une « guerre des chefs » permanente.
Le rappel de la « Clé de voûte »
Cheikh Tidiane Gadio a tenu à rappeler les fondamentaux de la Constitution sénégalaise pour lever toute ambiguïté sur la hiérarchie du pouvoir :
« C’est le président qui est la clé de voûte des institutions. C’est lui qui décide dans ce pays », a-t-il affirmé, recadrant ainsi le rôle du Premier ministre comme simple coordonnateur de l’action gouvernementale sous l’autorité du chef de l’État. Il déplore que l’énergie de l’exécutif soit consumée par des querelles internes plutôt que par la résolution des problèmes des Sénégalais.
L’échec des médiations de l’ombre
L’ancien ministre a révélé que les tensions ne datent pas d’hier et que des efforts ont été déployés en coulisses pour apaiser les relations entre les deux têtes de l’exécutif.
« Il y a eu depuis un an toutes sortes de tentatives de réconciliation, d’arrangement. Mais le ver est tellement profond dans le fruit. »
Selon lui, la persistance de ces blocages malgré les médiations indique une incompatibilité désormais structurelle.
L’ultimatum : « Demander à son Premier ministre de partir »
Pour Cheikh Tidiane Gadio, la solution finale appartient au Président de la République, qui doit assumer ses responsabilités constitutionnelles pour mettre fin à la « cacophonie ».
Si la logique de blocage persiste, le Président doit, selon lui, se séparer de son Premier ministre. Utilisant une métaphore forte, il suggère qu’il faut parfois « sacrifier tout le fruit ou trouver une autre solution » pour préserver l’arbre de l’État
La sortie de Cheikh Tidiane Gadio, figure respectée de la scène politique et diplomatique, sonne comme un avertissement solennel. En plaçant Bassirou Diomaye Faye devant ses responsabilités de « Gardien de la Constitution », il souligne l’urgence de restaurer une unité de commandement claire. Ce témoignage vient renforcer l’idée d’une crise profonde que les appels au calme de la veille lors de la conférence des leaders n’auraient pas suffi à éteindre.

