Crise à TDS-SA : accusations de malversations et bras de fer entre la DG Aminata Sarr et le Synpap

Crise à TDS-SA : accusations de malversations et bras de fer entre la DG Aminata Sarr et le Synpap

Une gestion contestée depuis plus d’un an

Depuis plus d’un an, l’entreprise publique TDS-SA traverse une crise profonde marquée par des décisions controversées de sa directrice générale, Aminata Sarr. Plusieurs cadres de premier plan, dont le directeur général adjoint Papa Malick Sarr et le DRH Alassane Diop, ont été limogés, accentuant les tensions internes. Face à cette situation, le Syndicat des professionnels de l’audiovisuel public (Synpap) est désormais monté au créneau.

Des accusations de malversations financières

Au-delà des licenciements jugés abusifs, de graves accusations de malversations ont été formulées contre la direction. Le 8 juillet 2025, le Synpap a adressé un courrier officiel à la DG, suivi d’une nouvelle lettre le 17 juillet. Restées sans réponse, ces interpellations ont poussé le syndicat à informer directement les travailleurs, alertant sur une gestion jugée opaque et préjudiciable à l’image de l’entreprise.

Parmi les griefs soulevés :

  • une avance sur salaire perçue par la DG entre juin et décembre 2024,
  • la location d’un véhicule avant même la passation de service, cumulée à une indemnité kilométrique,
  • une dépense de 20 millions de F CFA pour une prestation de communication lors d’un atelier,
  • une enveloppe de 50 millions de F CFA pour l’achat d’un véhicule,
  • des frais de missions indûment versés à des agents n’ayant effectué aucun déplacement.

Le syndicat estime que ces pratiques fragilisent l’entreprise et exigent des réponses claires pour préserver la crédibilité de TDS-SA.

La riposte d’Aminata Sarr

Sous pression, la DG Aminata Sarr a réagi par courrier au secrétaire général du Synpap. Elle a rejeté les accusations, les qualifiant de « dénuées de tout fondement », tout en reprochant au syndicat son manque de rigueur et de professionnalisme dans sa communication. Toutefois, elle n’a apporté aucune précision sur les questions soulevées, accentuant ainsi le climat de défiance.

Des tensions sociales et judiciaires en hausse

En plus des soupçons de malversations, la gestion des ressources humaines est également pointée du doigt. Plusieurs licenciements ont été portés devant le tribunal du travail, notamment les cas du DG adjoint et du DRH. L’affaire Nafissatou Diouf, où TDS-SA a déjà essuyé un revers judiciaire, en est une illustration.

Par ailleurs, l’entreprise est citée dans un protocole controversé signé avec une société malienne pour la fourniture de 16 000 décodeurs, un dossier qui suscite également de vives interrogations.

Un climat social explosif à TDS-SA

Pour le Synpap, seule une clarification sans équivoque des accusations pourra sauver la réputation de l’entreprise publique et restaurer la confiance des travailleurs. Le syndicat appelle à la mobilisation des agents pour défendre l’image de leur outil de travail autour du triptyque « Jub, Jubal, Jubanti ».

Pendant ce temps, TDS-SA poursuit sa restructuration avec un changement de gouvernance : l’ancien président du Conseil d’administration El Hadj Ndiaye (2STV) a été remplacé par Abdou Aziz Zoularou, cadre du parti Pastef à Guédiawaye.

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