CRISE À LA RTS : Les syndicats réclament le limogeage de Pape Alé Niang

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Rien ne va plus au triangle Sud. Les travailleurs de la télévision nationale sont sortis en masse pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « dérive autoritaire » et de « gestion clanique ». Le face-à-face entre le Directeur général et ses agents a pris une tournure radicale après la manifestation de ce mercredi.

1. La « Guerre des bureaux » et le huis clos médiatique

Le ton a été donné dès le début de l’assemblée générale :

  • Presse interdite : Les médias privés ont été bloqués à l’entrée par les forces de sécurité sur instruction de la direction. Un acte qualifié par Mama Moussa Niang (SYNPAP) de « dictature » et d’atteinte à la liberté d’informer.
  • Infrastructures : Les agents s’indignent du luxe des bureaux du DG face à la précarité de certains directeurs de service, décrits comme des « sans-bureaux fixes ».

2. L’asphyxie financière des agents

Le contentieux majeur porte sur la suspension de l’accord d’entreprise signé en mars 2024 (sous Racine Talla).

  • Impact social : Plus de 800 agents sont touchés. Beaucoup avaient contracté des prêts bancaires basés sur ces nouveaux revenus. Aujourd’hui, les prélèvements bancaires continuent alors que les salaires ont fondu.
  • Le chiffre : Youssouf Kaba (SYNPICS) affirme que plus de 300 agents sont aujourd’hui au bord du gouffre financier.

3. Accusations de népotisme et « Nébuleuse CAN 2025 »

Le dossier s’est alourdi de soupçons de malversations financières :

  • L’affaire Thierno Niang : Les syndicats accusent le DG d’avoir octroyé le marché lucratif des « Fan Zones » de la CAN 2025 à son frère, Thierno Niang.
  • Audit exigé : Les travailleurs réclament l’intervention des corps de contrôle de l’État pour auditer les mouvements de fonds suspects vers des proches du DG n’appartenant pas à l’effectif de la RTS.

La RTS traverse sa crise la plus profonde depuis l’alternance de 2024. Si Pape Alé Niang a été nommé pour « nettoyer » la gestion Racine Talla, il se retrouve aujourd’hui accusé des mêmes maux (népotisme, opacité). Le blocage de la presse privée lors de la manifestation de mercredi a particulièrement terni son image d’ancien champion de la liberté de la presse. Le silence des autorités supérieures, interpellées par l’intersyndicale, devient chaque jour plus intenable pour la stabilité de l’audiovisuel public.

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