Conflit à l’ONAS : Deux Cheikh, deux versions, qui croire ?

Conflit à l’ONAS : Deux Cheikh, deux versions, qui croire ?

Le Docteur Cheikh Dieng, ancien directeur général de l’Office National de l’Assainissement du Sénégal (ONAS), et son ministre de tutelle, le Docteur Cheikh Tidiane Dièye, se livrent à une véritable guerre de mots sur la place publique. Ces deux personnalités, pourtant liées par leurs responsabilités respectives, ont emprunté des chemins radicalement opposés dans ce qui est désormais connu sous le nom de « l’affaire de l’ONAS ».

Limogé récemment, le Dr Cheikh Dieng a pointé du doigt le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, comme étant à l’origine de sa chute brutale. Lors d’une conférence de presse tenue à Djida Thiaroye Kaw, l’ancien DG de l’ONAS a accusé son ancien supérieur non seulement de l’avoir démis de ses fonctions, mais aussi d’avoir mené une campagne de diabolisation à son encontre.

Le climat est désormais à la confrontation ouverte. Dr Cheikh Dieng a juré de poursuivre son combat jusqu’à ce que le ministre Dièye quitte le gouvernement. « La démission du ministre est nécessaire tant que cette affaire de marché de gré à gré n’est pas élucidée », a-t-il martelé. Selon l’ancien DG, c’est le ministre lui-même qui aurait annulé un appel d’offres pour privilégier des entreprises de son choix dans une entente directe, une pratique contraire aux principes de transparence que Cheikh Dieng défend.

Du côté du ministère, les accusations fusent également. Cheikh Dieng aurait accepté une voiture d’une valeur de 80 millions de francs CFA offerte par un prestataire de l’ONAS, ce qui serait à l’origine de son limogeage. Une accusation que le camp de l’ancien DG rejette fermement.

Dans un communiqué publié le dimanche 18 août 2024, l’ONAS a formellement démenti les affirmations de Dr Dieng concernant cette voiture. Selon le document, le projet Collecteur Hann-Fann, auquel le véhicule est lié, ne prévoit en aucun cas l’acquisition d’une voiture pour le directeur général. La cellule de communication de l’ONAS a souligné que cette information pourrait ternir l’image de l’institution auprès de ses partenaires financiers.

L’escalade des tensions entre les deux Cheikh pourrait bientôt atteindre d’autres sphères, d’autant plus que l’ONAS a annoncé se réserver le droit d’engager des poursuites judiciaires pour fausses déclarations. La suite de cette affaire s’annonce donc mouvementée, et il reste à voir quelle version des faits finira par prévaloir.

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