« Comment le Sénégal Peut Réduire ses Pertes Fiscales de Milliards pour Financer ses Projets »

« Comment le Sénégal Peut Réduire ses Pertes Fiscales de Milliards pour Financer ses Projets »

Optimiser les Ressources Fiscales pour Financer le Développement du Sénégal

Plus de 800 ONG et de nombreuses représentations diplomatiques échappent actuellement au fisc sénégalais, causant une perte de milliards chaque année. Réduire ces exemptions pourrait libérer des ressources essentielles pour la réalisation des promesses électorales.

Pour donner corps à leurs projets, les nouvelles autorités sénégalaises peuvent exploiter plusieurs leviers financiers : la suppression des exonérations fiscales abusives, la réduction des dépenses de l’État, la lutte contre l’enrichissement illicite et la récupération des fonds détournés. Ces niches à milliards pourraient revitaliser les finances publiques.

Les nouvelles autorités ont beaucoup à faire pour restaurer des finances publiques affaiblies depuis des années. En moins de trois mois de pouvoir, elles ont dû recourir aux marchés financiers internationaux et régionaux pour assurer la continuité du fonctionnement de l’État. Le 6 juin dernier, le gouvernement sénégalais a confirmé avoir levé 450 milliards de francs CFA (750 millions de dollars) sur les marchés financiers. À cela s’ajoutent 28,480 milliards de francs CFA levés sur le marché financier de l’Umoa-Titres le 4 mai. Ces levées de fonds soulignent un besoin urgent de liquidités pour relancer l’économie.

Malgré l’intention de mettre fin au Plan Sénégal Émergent (PSE) au profit de leur propre projet, les nouvelles autorités n’ont aucune marge de manœuvre financière. Elles continuent donc les discussions avec le FMI pour la seconde revue du programme soutenu par le Mécanisme Élargi de Crédit (MEC), la Facilité Élargie de Crédit (FEC), et la Facilité pour la Résilience et la Durabilité (FRD).

Stratégies pour Renforcer les Finances Publiques

Les autorités comptent sur plusieurs mesures pour améliorer la situation financière. Elles ciblent les exonérations fiscales abusives, notamment celles des entreprises de presse. Les différents départements ministériels ont reçu l’instruction de faire des états des lieux exhaustifs de leurs dépenses. Une visite du Premier ministre au Building administratif Mamadou Dia le 17 avril visait à évaluer précisément le coût de sa réhabilitation.

En matière de lutte contre l’enrichissement illicite, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a effectué une visite surprise à Mbour 4 le 1er mai, entraînant la suspension de toutes les constructions sur le littoral pour deux mois afin d’évaluer la situation. Sur les fonds détournés, le chef de l’État a ordonné à l’Inspection Générale d’État de passer au crible plus de 70 structures publiques pour traquer les malversations économiques et rétablir la bonne gouvernance. Parmi les entités ciblées figurent la Société d’Exploitation du Train Express Régional (Senter), le Fonds de Soutien de l’Énergie (FSE), et la Commission d’Attribution des Licences de Pêche, entre autres.

Réformer les Exonérations Fiscales des ONG

L’État sénégalais perd aussi des milliards chaque année en raison de la défiscalisation de plus de 800 ONG. Beaucoup de ces organisations ne respectent pas les activités déclarées, nécessitant une révision urgente de leur statut fiscal. Dakar, abritant plusieurs sièges d’institutions internationales et régionales, voit ces entités bénéficier d’un régime fiscal laxiste qui coûte cher au pays. Contrairement à l’Europe, l’Asie et les États-Unis, où seul un tiers des représentations diplomatiques est défiscalisé, le Sénégal offre des avantages fiscaux excessifs en vertu de son hospitalité légendaire.

Ces divers leviers financiers pourraient permettre aux autorités actuelles de déployer efficacement leur offre politique dans les mois à venir.


En optimisant ces ressources, le Sénégal pourrait non seulement renforcer ses finances publiques, mais aussi concrétiser des projets ambitieux pour le développement du pays.

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