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Climat social au Sénégal : Serigne Mor Mbaye met en garde contre la « folie des foules » -

Climat social au Sénégal : Serigne Mor Mbaye met en garde contre la « folie des foules »

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Dans un entretien accordé à L’Observateur, le psychologue-clinicien Serigne Mor Mbaye livre une analyse sans concession sur la montée de la violence morale qui traverse le Sénégal. Face aux polémiques actuelles, notamment autour des affaires de mœurs et de santé publique, il appelle à un retour au calme et au respect des procédures judiciaires.

DAKAR, le 26 février 2026 – La société sénégalaise est en proie à une « montée de la violence » préoccupante. Entre débats sur l’homosexualité, la pédophilie et la gestion médiatique du VIH, le climat social devient, selon Serigne Mor Mbaye, profondément anxiogène.

Le péril de la « justice de foule »

Le spécialiste s’inscrit en faux contre le lynchage médiatique, rejoignant sur ce point la position exprimée par le Premier ministre Ousmane Sonko. Pour le psychologue, la divulgation du statut sérologique des personnes infectées par le VIH est une pratique « profondément contre-productive ».

« La divulgation ne résout aucun problème ; elle crée un climat de peur et d’injustice. C’est à la justice qu’il faut rendre compte et non aux foules, car les foules sont souvent folles », martèle-t-il.

Les conséquences sur la santé publique

Serigne Mor Mbaye souligne un paradoxe dangereux : en voulant réclamer justice par la vindicte populaire, la société risque d’annihiler ses propres objectifs de santé publique.

  • Le risque de clandestinité : La stigmatisation pousse les personnes touchées par le virus à se cacher ou à « disparaître » pour échapper à la pression sociale.
  • L’échec de la prévention : En créant ce climat de terreur, les structures de santé perdent le contact avec les populations vulnérables, rendant la prise en charge et la lutte contre l’épidémie quasi impossibles.

Vers une nécessité de régulation sociale

Le psychologue-clinicien plaide pour une séparation stricte entre le désir légitime de justice et l’hystérie collective. Selon lui, plus le climat d’angoisse est intense, plus les chances d’aboutir à une véritable justice diminuent.

  • La place de l’institution : Il est impératif de laisser les experts et les magistrats effectuer leur travail de manière sereine.
  • Appel à la tempérance : « Il faut revenir à de meilleurs sentiments et ne pas jeter les gens à la vindicte populaire. Ce n’est pas ainsi que l’on résout un problème de société », conclut-il.

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