BIGNONA : Le SELS dénonce « l’abandon » des animateurs des Cases des Tout-petits et menace de passer à la vitesse supérieure

Réunis en assemblée extraordinaire au CEDAC de Bignona, les animateurs polyvalents, soutenus par le Syndicat des Enseignants Libres du Sénégal (SELS), ont fustigé le mépris des autorités face à leur situation précaire. Entre absence de formation depuis 2002 et plan de carrière inexistant, ces travailleurs de la petite enfance exigent un recrutement immédiat.
Par Abdallah
Bignona — Le malaise profond qui secoue le secteur de la petite enfance dans le département de Bignona vient de franchir un nouveau palier. Face au « mutisme » de l’Agence nationale de la Case des Tout-petits (ANCTP), le SELS est monté au créneau pour exiger des mesures concrètes et urgentes.
22 ans sans formation : le chiffre du scandale
Pour Yancouba Badji, Secrétaire Général du SELS Bignona, le constat est amer : l’État a tout simplement délaissé ce pilier de l’éducation. « Imaginez-vous que la dernière formation organisée pour les animateurs polyvalents remonte à 2002 », s’est-il indigné.
Alors que la règle prévoit une intégration dans les Centres Régionaux de Formation des Personnels de l’Éducation (CRFPE) après deux ans de service, de nombreux animateurs totalisent aujourd’hui plus de cinq ans de bénévolat sans aucune perspective.
Le spectre de l’exclusion : le critère d’âge ne passe pas
L’une des plus grandes craintes des syndicalistes repose sur une potentielle réforme introduisant des critères d’âge ou de diplôme pour l’accès à la formation. Une idée que le SELS rejette avec vigueur.
« Les populations ont choisi leurs propres bénévoles dans le cadre d’une gestion communautaire. Si l’État met un critère d’âge, c’est pour exclure ceux qui ont servi les écoles pendant des années. Nous n’accepterons ni critère d’âge, ni critère de diplôme », a martelé Yancouba Badji.
Vers une radicalisation du combat
Le syndicat exige la publication immédiate de la liste des animateurs devant intégrer les CRFPE. Faute de quoi, le mouvement pourrait prendre une tournure beaucoup plus musclée. Le planning de lutte est déjà esquissé :
- Grève de la faim ;
- Marches de protestation ;
- Sit-in devant les institutions.
Pour les travailleurs de Bignona, il ne s’agit plus seulement de revendications salariales, mais d’une lutte pour la dignité et la reconnaissance d’un métier essentiel au développement des plus jeunes citoyens du pays.

