BÉNIN : Vers une Assemblée nationale monocolore, l’opposition balayée par le nouveau Code électoral
La Commission électorale nationale autonome (Céna) a rendu son verdict ce samedi 17 janvier 2026. Les résultats provisoires des législatives consacrent la domination absolue de la mouvance présidentielle. Faute d’avoir atteint les seuils de représentativité, le parti d’opposition « Les Démocrates » se voit exclu de l’hémicycle, laissant présager un retour au schéma de la 8e législature.
Par Abdallah
Cotonou — Le couperet est tombé. Au terme d’un scrutin marqué par des règles électorales particulièrement rigoureuses, le paysage politique béninois s’apprête à vivre un tournant. L’Union Progressiste le Renouveau (UPR) et le Bloc Républicain (BR), piliers du soutien au pouvoir en place, ont raflé la mise.
La barre des 20% : le piège fatal pour l’opposition
Le nouveau Code électoral a joué un rôle de filtre impitoyable. Pour obtenir des sièges, chaque parti devait réunir au moins 20% des suffrages exprimés dans chacune des 24 circonscriptions du pays. Un défi que le principal parti d’opposition, Les Démocrates, n’a pas réussi à relever.
En conséquence, malgré son poids électoral, le parti de l’opposition ne siégera pas au Parlement. Les autres formations comme le Moele-Bénin et les FCBE, engagées dans des accords de coalition, ont également échoué à franchir le seuil des 10% requis dans ce cas de figure.
Un Parlement à deux visages (mais d’un seul camp)
L’Assemblée nationale sera désormais partagée entre deux blocs frères :
- L’Union Progressiste le Renouveau (UPR) : 41,15% des voix, soit 60 sièges.
- Le Bloc Républicain (BR) : 36,64% des voix, soit 49 sièges.
Cette configuration signifie qu’il n’y aura aucune voix discordante officielle pour porter la contradiction au sein du futur Parlement béninois.
Une faible mobilisation citoyenne
L’autre enseignement majeur de ce scrutin réside dans le désintérêt des électeurs. Avec un taux de participation de seulement 36,73%, plus de 63% des Béninois inscrits ne se sont pas rendus aux urnes. Sur plus de 7,8 millions d’électeurs, moins de 2,9 millions ont pris part au vote, illustrant une possible lassitude ou un désaccord face aux nouvelles modalités électorales.

