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AVC : une urgence sanitaire majeure au Sénégal -

AVC : une urgence sanitaire majeure au Sénégal

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« Un patient sur trois hospitalisés en neurologie n’en survit pas »

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) s’imposent aujourd’hui comme l’une des urgences médicales les plus préoccupantes au Sénégal et dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest. À l’occasion des cinquièmes Journées scientifiques de l’Association sénégalaise de neurologie, le professeur Maouli Fall, chef du service de neurologie et président du comité d’organisation, a tiré la sonnette d’alarme sur l’ampleur du phénomène, les difficultés de prise en charge et l’impératif de la prévention.

Ces rencontres scientifiques visent à renforcer les échanges entre neurologues sénégalais et sous-régionaux afin d’améliorer les pratiques médicales. « L’objectif est de partager nos expériences pour optimiser la prise en charge des patients. Cette année, nous avons fait le choix de nous concentrer sur les urgences neurologiques », explique le professeur Fall.

Parmi ces urgences figurent les AVC, mais également les comas, les méningites et certaines atteintes du système nerveux périphérique, notamment le syndrome de Guillain-Barré, une pathologie grave susceptible d’entraîner des paralysies aiguës et, dans certains cas, une détresse respiratoire.

Les AVC, première cause d’hospitalisation en neurologie

Au Sénégal, les AVC représentent la principale cause d’hospitalisation dans les services de neurologie. Une tendance observée dans plusieurs pays de la sous-région. « À Abidjan, Lomé ou Cotonou, les AVC constituent près des deux tiers des patients hospitalisés en neurologie. Au Sénégal, la situation est comparable, notamment dans les hôpitaux de référence comme Fann ou Pikine », souligne le spécialiste.

Le constat est d’autant plus préoccupant que les AVC sont responsables d’environ un tiers des décès enregistrés en neurologie, illustrant leur lourde mortalité et leur impact sur le système de santé.

Des facteurs de risque liés aux modes de vie

Les AVC sont étroitement liés à l’augmentation des maladies non transmissibles. Hypertension artérielle, diabète, obésité et sédentarité figurent parmi les principaux facteurs de risque. « La prévention passe nécessairement par une modification des habitudes de vie », insiste le professeur Fall.

Contrairement à certaines croyances, l’AVC survient de manière brutale et souvent imprévisible. Il peut se traduire par des troubles de la parole, de la vision ou de la motricité et, dans les formes les plus sévères, conduire au coma.

Une prise en charge rapide, mais coûteuse

La rapidité d’intervention est déterminante dans la survie et le pronostic du patient. La fenêtre thérapeutique idéale est estimée à 4 heures 30 minutes après l’apparition des premiers symptômes. « Dans ce délai, il est possible de réaliser un scanner cérébral et d’administrer une thrombolyse, un traitement destiné à dissoudre le caillot responsable de l’AVC », explique le neurologue.

Cependant, le coût de ce traitement, pouvant atteindre 1,2 million de francs CFA, le rend difficilement accessible pour une grande partie de la population. Au-delà de cette fenêtre, la prise en charge reste possible, mais le risque de séquelles lourdes et irréversibles augmente considérablement.

Un manque de spécialistes, mais des perspectives d’espoir

Le Sénégal dispose actuellement d’environ 75 neurologues pour près de 18 millions d’habitants, un chiffre encore insuffisant, bien que supérieur à celui de nombreux pays de la sous-région. Des efforts sont toutefois en cours pour renforcer la formation spécialisée.

« Nous espérons doubler, voire tripler, le nombre de neurologues dans les cinq à dix prochaines années », conclut le professeur Maouli Fall, appelant à un engagement accru en faveur de la prévention et du renforcement du système de santé face à cette urgence silencieuse.


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