Assemblée nationale : Guy Marius Sagna répond aux accusations de « terrorisme » et récuse la candidature de Macky Sall à l’ONU

Le vote de la loi portant réforme de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLPL) a servi de théâtre à un échange électrique. Accusé de « terrorisme » par un collègue de l’opposition, le député Guy Marius Sagna a contre-attaqué avec virulence, retournant l’accusation contre l’ancien régime et justifiant son refus de soutenir Macky Sall sur la scène internationale.
DAKAR, le 16 février 2026 – Fidèle à son style percutant, l’activiste parlementaire Guy Marius Sagna n’a pas laissé passer les piques de ses adversaires lors de la séance plénière d’hier. Loin de se dire affecté par les accusations portées contre sa personne, le député a profité de la tribune pour redéfinir la notion de terrorisme et solder ses comptes avec l’Alliance pour la République (APR).
La définition du « terrorisme politique »
Face aux accusations proférées par un député du camp de l’ancien président, Guy Marius Sagna a tenu à faire une mise au point destinée, selon lui, à « l’éducation des jeunes ».
« J’ai été accusé de terroriste par mon collègue. Cela ne m’ébranle guère, mais pour nos enfants, il est important de comprendre ce qu’est réellement le terrorisme : est terroriste celui qui use de la terreur en politique », a-t-il lancé.
Pour le parlementaire, les véritables actes de terreur ont été orchestrés sous le magistère précédent. Il a directement pointé du doigt Macky Sall comme étant le « premier terroriste au Sénégal », citant une série d’événements tragiques pour étayer ses propos :
- Bilan humain : Il évoque la mort de plus de 100 personnes lors des manifestations politiques.
- Pratiques de répression : Il a dénoncé les arrestations nocturnes suivies d’abandons forcés de citoyens en zones isolées, sans ressources.
- Figures symboliques : Le député a cité les noms de Fulbert Sambou, François Mancabou et Pape Abdoulaye Touré comme autant de preuves des dérives autoritaires qu’il combat.
Non au parrainage de Macky Sall à l’ONU
Le débat a rapidement glissé vers l’actualité diplomatique brûlante : l’éventuelle candidature de l’ancien chef d’État au poste de Secrétaire général des Nations Unies. Contrairement à d’autres voix appelant à l’unité nationale derrière cette ambition (comme celle d’Alioune Sow), Guy Marius Sagna oppose une fin de recevoir catégorique.
« Je ne soutiens pas la candidature de Macky Sall à l’ONU », a-t-il affirmé sans ambages. Précisant qu’il n’agit pas par haine personnelle, il estime que le Sénégal ternirait son image de marque en présentant un tel profil : « Le Sénégal ne peut présenter un tel homme devant le monde. Nous choisissons nos ambassadeurs pour ne pas courber l’échine face au monde. »
Un engagement pour la responsabilité morale
En conclusion de son intervention, le député a réitéré sa détermination à lutter contre ce qu’il qualifie de « terrorisme politique ». Pour lui, la réforme de l’ONLPL est un outil nécessaire pour empêcher que les lieux de détention ne redeviennent des instruments de pression politique.
Il a appelé ses pairs et les futurs dirigeants à une « responsabilité morale et civique » accrue, affirmant que le rayonnement du Sénégal à l’international dépend avant tout de l’exemplarité de sa gouvernance interne.

