AGRICULTURE : Mabouba Diagne part en guerre contre la spéculation foncière

Invité de marque de l’émission « Jury du Dimanche », le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage a brisé un tabou : la gestion défaillante du foncier rural. Mabouba Diagne a fustigé les « spéculateurs » qui gèlent des milliers d’hectares et a annoncé une réforme profonde pour remettre la terre entre les mains de ceux qui la travaillent réellement.

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Par Abdallah

1. Le diagnostic : La terre, otage de la spéculation

Le ministre a pointé du doigt les pratiques qui ont, selon lui, saboté les politiques agricoles précédentes :

  • Le gel des terres : Des acteurs acquièrent de vastes domaines sans jamais y planter la moindre graine, attendant une plus-value immobilière.
  • Le détournement d’usage : Des parcelles destinées à l’agriculture sont illégalement morcelées pour d’autres usages, au détriment de la souveraineté alimentaire.
  • La méfiance locale : Cette gestion opaque a créé un fossé entre les populations rurales, les mairies et les investisseurs.

2. La réforme : Priorité au « Projet » sur le « Propriétaire »

Pour inverser la tendance, Mabouba Diagne propose une approche axée sur la productivité :

  • La fin des passe-droits : Plus aucune terre ne sera cédée sans un projet agricole structurant, vérifiable et durable.
  • Le rôle des mairies : Renforcement des pouvoirs des autorités locales dans l’attribution foncière, pour garantir que les terres restent à vocation productive.
  • L’option coopérative : Encouragement des coopératives agricoles communautaires pour mutualiser les ressources, sécuriser les surfaces et faciliter l’accès au crédit.

3. La vision : La terre comme outil de souveraineté

Le message du ministre est sans équivoque : le sol sénégalais n’est plus à vendre aux spéculateurs.

« Le sol national ne doit plus être une monnaie d’échange », a-t-il martelé.

L’objectif final est de sécuriser les droits des producteurs (notamment les jeunes et les femmes) pour créer un environnement de confiance capable d’attirer des investissements sérieux et créateurs d’emplois.

Mabouba Diagne s’attaque ici au « serpent de mer » de l’économie sénégalaise. Si la volonté politique est manifeste, le défi reste l’application sur le terrain face à des intérêts fonciers solidement établis. En misant sur le modèle coopératif, le ministre tente une approche plus sociale et moins libérale du foncier, essentielle pour atteindre les objectifs de souveraineté alimentaire d’ici 2029.

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