Afrique de l’Ouest et Sahel : Le Gorée Institute prône une « Démocratie Endogène » pour briser le cycle de l’instabilité

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Dakar a accueilli ce lundi 16 février 2026 une conférence régionale stratégique organisée par le Gorée Institute. L’enjeu : repenser les modèles démocratiques actuels pour les adapter aux réalités sahéliennes et restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés.

DAKAR, le 16 février 2026 – Face à la multiplication des transitions militaires et à l’insécurité persistante, le modèle démocratique classique est-il en crise en Afrique de l’Ouest ? C’est à cette question brûlante qu’ont tenté de répondre experts, chercheurs et acteurs de la société civile venus du Sénégal, du Mali, de la Guinée, du Niger, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Bénin.

Sous l’égide du projet RESDECS (Recherche au Service de la Démocratie et de la Cohésion Sociale), cette rencontre a jeté les bases d’une gouvernance plus résiliente et inclusive.

Un contrat social à réinventer

Dans son discours d’ouverture, Doudou Dia, directeur exécutif du Gorée Institute, a posé un diagnostic sans concession : l’instabilité actuelle naît d’une crise de confiance profonde. Pour lui, la solution ne réside pas dans l’abandon des principes démocratiques, mais dans leur réinvention.

« La démocratie ne peut être perçue comme un modèle importé ; elle doit être vécue comme un contrat social renouvelé, négocié et approprié par les citoyens eux-mêmes », a-t-il martelé.

Cette approche privilégie les savoirs endogènes et la participation citoyenne directe. Selon M. Dia, la légitimité politique ne peut plus se limiter aux urnes ; elle doit se traduire par la satisfaction des besoins de base : éducation, santé et justice sociale.

De la riposte à l’anticipation : La méthode RESDECS

Le cœur de cette réflexion s’appuie sur une méthodologie de recherche rigoureuse. Le Dr Papa Fara Diallo, chercheur pays pour le Sénégal, a expliqué comment le projet déploie des moniteurs sur le terrain pour recueillir des données en temps réel dans les zones d’instabilité.

L’objectif est clair : transformer le rôle de l’État.

  • Aujourd’hui : Une logique de riposte et de réaction aux crises.
  • Demain : Une logique d’anticipation et de prévention grâce à la recherche.

Les résultats de ces travaux montrent que la stabilité et la cohésion sociale sont intrinsèquement liées à la qualité de la gouvernance locale.

Un plaidoyer pour l’action

Cette conférence, cofinancée par l’Union européenne (via l’initiative Team Europe Démocratie) et mise en œuvre par Enabel, ne restera pas au stade des théories. Un document de synthèse regroupant les stratégies élaborées sera transmis aux gouvernements de la région ainsi qu’aux partenaires au développement.

Le Gorée Institute ambitionne désormais d’élargir le projet RESDECS à d’autres pays de la sous-région, convaincu que la cohésion sociale est le rempart ultime contre l’effondrement des institutions au Sahel.

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