AFFAIRE SEDIMA : Le « geste citoyen » de Babacar Ngom fustigé par Waly Diouf Bodian

Babacar Ngom, président fondateur du groupe Sedima, a annoncé ce jeudi 29 janvier 2026 la restitution de 80 hectares de terres à Mbour à l’État du Sénégal. Si l’homme d’affaires présente cette décision comme une volonté d’apaiser le climat social, le Directeur général du Port de Dakar, Waly Diouf Bodian, y voit une simple reddition.
1. La version de Babacar Ngom : « L’apaisement social »
Dans un communiqué officiel, le patron de Sedima explique avoir décidé de remettre ces terres à la disposition de la collectivité nationale sans aucune contrepartie financière.
- Motivation affichée : Contribuer à la décrispation des tensions foncières qui agitent le pays.
- Philosophie : Un acte présenté comme « citoyen » et empreint de responsabilité pour préserver la paix sociale.
2. La charge virulente de Waly Diouf Bodian
La réaction des autorités ne s’est pas fait attendre. Waly Diouf Bodian, figure influente du parti au pouvoir (Pastef) et actuel DG du Port Autonome de Dakar, a utilisé ses réseaux sociaux pour recadrer l’annonce de l’industriel :
- Le tweet choc : « Restituer un bien volé n’est pas un acte de grandeur », a-t-il posté sur Facebook.
- Le message sous-jacent : Pour ce proche d’Ousmane Sonko, il ne s’agit pas d’un acte de générosité, mais de la conséquence de la politique de « reddition des comptes » et de récupération des domaines de l’État engagée par le nouveau régime.
3. Un contexte de « Jubanti » foncier
Cette passe d’armes intervient alors que le gouvernement multiplie les audits sur le foncier littoral et rural. L’affaire Sedima, qui cristallisait des tensions avec les populations locales depuis plusieurs années, semble entrer dans une phase de dénouement sous la pression de la nouvelle gouvernance.
Babacar Ngom tente ici une « sortie par le haut » en devançant d’éventuelles procédures judiciaires ou administratives. En revanche, la réponse de Waly Diouf Bodian illustre la ligne dure du régime actuel : pas de « remerciements » pour les restitutions, car le pouvoir considère que ces biens n’auraient jamais dû sortir du patrimoine public. C’est une guerre de communication où l’un prône la réconciliation et l’autre exige la justice.

