Affaire ASER : Thierno Alassane Sall dénonce « la dispersion » de 37 milliards FCFA
Le leader du parti République des Valeurs (RV), Thierno Alassane Sall, a été entendu, ce mardi, par les enquêteurs de la Section de recherches (SR) de la Gendarmerie nationale. Au sortir d’une audition marathon, l’ancien ministre de l’Énergie a réitéré ses graves accusations concernant la gestion du contrat liant l’ASER à la société espagnole AEE Power.
Des fonds évaporés à l’international
Devant la presse, le député a livré une lecture accablante du dossier. S’appuyant sur des informations rassemblées en Espagne et transmises à ses conseils, il affirme que sur les 37 milliards de francs CFA mobilisés pour ce projet, seule une fraction minime — environ 7 milliards — aurait été injectée dans l’économie sénégalaise, principalement pour le règlement de primes.
« L’argent n’a pas été perdu pour tout le monde », a déclaré TAS, dénonçant une « dispersion » des fonds restants dans des circuits financiers internationaux. Selon lui, cette situation était connue depuis deux ans, les autorités espagnoles ayant elles-mêmes émis des alertes concernant des risques de détournement et de prévarication.
Une mise en cause des « hautes sphères »
Thierno Alassane Sall a franchi une étape supplémentaire en pointant du doigt des responsables situés « dans les plus hautes sphères de l’État ». Il leur reproche d’avoir activement entraîné la manifestation de la vérité en produisant des rapports jugés « fallacieux » sur l’état d’avancement des travaux.
Il a notamment réfuté les explications officielles fournies lors du Conseil des ministres du 11 mars dernier. Alors que le gouvernement attribue les retards du projet à des problématiques de procédures douanières, le leader de RV qualifie cette version d’« enfumage » destinée à tromper l’opinion publique et à couvrir des irrégularités majeures.
Vers une accélération de l’enquête judiciaire
Satisfait de la qualité des échanges avec les enquêteurs, qu’il a qualifié de professionnels et à l’écoute, le parlementaire assure avoir transmis des documents complémentaires cruciaux. Ces éléments devraient, selon lui, permettre à la Section de recherches d’identifier précisément les sociétés écrans et les comptes bancaires par lesquels les fonds ont transité.
« Les enquêteurs sont désormais en mesure de remonter la piste jusqu’aux bénéficiaires finaux », a affirmé l’ancien ministre, appelant à un bouclage rapide de l’instruction judiciaire. Si cette affaire semble entrer dans une phase décisive, les autorités n’ont pas encore réagi à ces nouvelles déclarations du député.

