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1994 : quand gouverner, c’est aussi décider -

1994 : quand gouverner, c’est aussi décider

1994 : quand gouverner, c’est aussi décider

En revisitant une vidéo d’Abdou Diouf relatant les circonstances de la dévaluation du franc CFA en janvier 1994, je me suis arrêté sur un aspect qui dépasse largement la question monétaire : la solitude et la responsabilité du dirigeant lorsqu’il faut prendre une décision difficile et impopulaire.

La dévaluation de 50 % fut un choc. Elle a durement affecté le pouvoir d’achat et marqué les esprits. Mais elle intervenait dans un contexte de crise profonde, où les économies de la zone étaient confrontées à de graves déséquilibres.

Avec le recul, une leçon demeure : une décision économique douloureuse ne peut être jugée uniquement à l’aune de sa popularité immédiate. Gouverner, c’est parfois choisir entre plusieurs difficultés, expliquer son choix et en assumer la responsabilité devant le peuple et devant l’Histoire.

Mais 1994 nous enseigne également qu’une monnaie, à elle seule, ne développe pas un pays. Sans production, sans industrie, sans agriculture performante et sans transformation locale de nos ressources, aucun régime monétaire ne peut constituer une solution miracle.

Aujourd’hui, alors que l’Afrique débat encore de son avenir monétaire et de l’ECO, évitons les slogans.

La vraie question n’est pas seulement : quelle monnaie voulons-nous ?
Elle est : quelle économie voulons-nous construire pour donner sa force à notre monnaie ?

Notre priorité devrait être une économie qui produit, transforme, exporte, crée des emplois et réduit sa dépendance aux importations.

C’est peut-être la principale leçon de 1994 : la souveraineté monétaire n’a de sens que lorsqu’elle s’appuie sur une véritable souveraineté économique.

Le débat mérite d’être ouvert, sans passion ni tabou.

Thierno Lo
Un Républicain Libre

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