Affaire Softcare : Le Ministre Ibrahima Sy défend la sécurité des produits et rejette les accusations de corruption

DAKAR — Face à la polémique grandissante concernant les serviettes hygiéniques et couches Softcare, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, a tenu une conférence de presse de clarification ce jeudi. En prenant le contre-pied total des révélations du Dr Moussa Diallo (ARP), le ministre a assuré que les produits sur le marché sont « sûrs » et a mis au défi l’inspecteur de prouver ses allégations de corruption.
Par la Rédaction (Santé & Justice)
Le dossier Softcare prend une tournure de crise institutionnelle. D’un côté, le gouvernement affiche une sérénité totale basée sur des enquêtes administratives ; de l’autre, un haut responsable de la réglementation pharmaceutique dénonce des pratiques mafieuses au sein même de la chaîne de contrôle.
Le démenti du Ministre : « Aucune preuve de matières périmées »
Pour Ibrahima Sy, l’enquête menée par les services du ministère est formelle : les produits Softcare respectent les normes de fabrication.
Le ministre affirme qu’aucune matière première impropre n’a été détectée dans le processus de fabrication actuel. « Il n’y a aucune pression subie, ni du ministère ni du gouvernement », a-t-il martelé, balayant l’idée d’une ingérence politique pour protéger l’entreprise.
Le défi des preuves : Ibrahima Sy s’en remet à la Justice
Interrogé sur les accusations de corruption portées par le Dr Moussa Diallo, le ministre s’est montré particulièrement offensif.
Il a invité l’auteur des accusations à nommer précisément les personnes impliquées. « S’il y a eu tentative de corruption, que la personne concernée apporte les preuves. Moi, je n’ai pas ces informations. »
- Arbitrage judiciaire : Le ministre estime que le dossier étant désormais entre les mains de la justice, celle-ci devra faire la lumière sur la véracité de ces tentatives de corruption présumées.
« Je suis transparent, je n’ai rien à cacher. La justice est là et on pourra savoir s’il y a eu corruption ou non », a conclu le ministre.
Les révélations fracassantes du Dr Moussa Diallo
Pour rappel, cette crise a éclaté lorsque le directeur de l’inspection de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP) a publiquement dénoncé des manquements sanitaires graves.
Le Dr Diallo maintient avoir trouvé des substances impropres à la consommation lors de ses contrôles.
Il affirme avoir résisté à des offres financières de la part de responsables de l’entreprise Softcare pour « fermer les yeux ».
Une crise de confiance sanitaire
Le décalage entre le discours rassurant du ministère et le cri d’alarme de l’inspecteur jette le trouble. Pour les consommateurs sénégalais, l’enjeu dépasse la simple querelle administrative : il s’agit de la sécurité des produits d’hygiène de base pour les femmes et les nourrissons. La justice est désormais le dernier rempart pour restaurer la confiance et déterminer si, derrière les serviettes et les couches, se cache un scandale de santé publique étouffé ou une simple défaillance de communication interne.

