Drame sur le fleuve Sénégal : Quatre jeunes talibés de Mbantou perdent la vie dans un chavirement

Emigration clandestine : 17 personnes tuées dans le chavirement d'une  pirogue au large de Dakar - BBC News Afrique

GUÉDÉ-VILLAGE — La tristesse et la consternation règnent dans le département de Podor. Ce samedi 28 février, le chavirement d’une pirogue à hauteur de Guédé-village a coûté la vie à quatre adolescents du village de Mbantou. Le drame, survenu alors que les victimes rentraient des champs, repose avec force la question de la sécurité fluviale dans la vallée.

Par la Rédaction

C’est une fin d’après-midi ordinaire qui a basculé dans l’horreur. Aux environs de 15 heures, une pirogue transportant de jeunes talibés revenant des travaux champêtres de leur marabout a chaviré sur le fleuve Sénégal, non loin du pont de Guédé-village.

Un mouvement de panique fatal

Selon les témoignages poignants recueillis sur place, l’accident s’est produit au moment où l’embarcation traversait le fleuve pour regagner la rive de Mbantou. Amadou Makhtar Ba, président de l’Union des GIE de Mbantou, explique que le jeune qui dirigeait la pirogue a malencontreusement perdu sa pagaie en plein courant.

« Pris de peur, ils ont sauté de la pirogue pour tenter de regagner la rive à la nage. Malheureusement, ils n’ont pas réussi à se sauver », a confié M. Ba, la voix lourde d’émotion.

Une femme présente sur la berge a assisté impuissante à la scène. Ses cris de détresse ont permis de maintenir à bord les deux plus jeunes occupants, leur sauvant ainsi la vie, mais les quatre autres adolescents ont été emportés par les eaux sous ses yeux.

Mobilisation des secours et de l’administration

Alertés immédiatement, les sapeurs-pompiers, accompagnés du sous-préfet et du commandant de la brigade de gendarmerie, se sont déployés sur les lieux. Après plusieurs heures de recherches intenses dans les eaux du fleuve, les corps sans vie des quatre victimes — tous membres d’une même famille — ont été repêchés. Ils ont été acheminés à la morgue de l’hôpital de Podor pour les besoins de l’autopsie.

Un cri du cœur pour la sécurité fluviale

À Mbantou, au-delà de la douleur immense, la colère commence à poindre. Les populations riveraines, qui dépendent quotidiennement du fleuve pour l’agriculture et le transport, réclament des mesures de protection concrètes.

Les principales revendications des villageois :

  1. Équipement obligatoire : La dotation des pirogues artisanales en gilets de sauvetage.
  2. Surveillance accrue : Un contrôle renforcé des autorités communales sur les points de traversée fréquents.
  3. Commissions de sécurité : La mise en place de comités locaux de vigilance pour prévenir les surcharges ou les sorties par mauvais temps.
  4. Sensibilisation : Des campagnes d’information régulières, particulièrement durant les périodes de crue du fleuve.

Ce drame de Mbantou vient tristement allonger la liste des accidents fluviaux dans la région Nord. Alors que la communauté s’apprête à porter ses fils en terre, l’espoir demeure que cette tragédie serve d’électrochoc aux autorités pour que la traversée du fleuve ne soit plus synonyme de péril de mort pour la jeunesse du Fouta.

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