UCAD : Une réouverture du campus social entre traumatisme, déception et surveillance

La COUD annonce la réouverture du campus social

Deux semaines après les affrontements sanglants qui ont coûté la vie à l’étudiant en médecine Abdoulaye Ba, les portes du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar se sont rouvertes ce jeudi 26 février 2026. Un retour marqué par une atmosphère lourde, des pavillons sous scellés et une assistance psychologique inédite.

DAKAR – Les valises roulent à nouveau sur le goudron de l’avenue Cheikh Anta Diop, mais le cœur n’y est pas pour tout le monde. Dans son édition de ce vendredi 27 février, le quotidien national Le Soleil dépeint un campus à deux visages : celui d’une administration qui s’active pour effacer les traces du chaos et celui d’étudiants encore hantés par les événements du 9 février dernier.

Un retour au confort jugé précaire

Si les agents du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) ont travaillé d’arrache-pied pour rendre les lieux praticables, le sentiment d’amertume domine chez certains résidents. C’est le cas de Charles Djilène Coly Sène, habitant du Pavillon F, qui a fait part de son désenchantement au quotidien. Pour beaucoup, cette réouverture ressemble à une mesure d’urgence plutôt qu’à une véritable remise à neuf des infrastructures dégradées.

L’ombre de l’enquête judiciaire sur les pavillons B et F

La rentrée n’est pas totale. Le COUD a confirmé que 90 % de la capacité d’accueil est rétablie, mais deux bâtiments clés restent inaccessibles : les pavillons B et F.

  • Sous scellés : Très endommagés lors des heurts, ces pavillons sont toujours au cœur de l’enquête judiciaire visant à faire la lumière sur la mort d’Abdoulaye Ba.
  • Travaux en attente : Ciré Badji Sonko, coordinatrice de la communication du COUD, a précisé que les réfections ne pourront débuter qu’une fois que la justice aura libéré les lieux.

Côté restauration, la situation s’améliore progressivement, bien que le restaurant « Self » demeure fermé pour travaux, obligeant les étudiants à se rabattre sur les autres points de restauration du campus.

Une cellule psychologique pour panser les plaies

L’innovation majeure de cette réouverture réside dans la prise en compte du choc émotionnel subi par la communauté universitaire. Pour la première fois, une cellule d’écoute et d’accompagnement psychologique a été mise en place.

Accessible 24h/24, ce service vise à soutenir les étudiants et le personnel encore traumatisés par la violence des récents affrontements. Ce dispositif vient compléter le service médical permanent, signe que les blessures de cette crise ne sont pas seulement matérielles, mais aussi profondes et psychiques.

Le campus de l’UCAD tente de retrouver sa vocation première de temple du savoir, mais la présence des scellés sur les pavillons B et F rappelle à chacun que le dossier Abdoulaye Ba est loin d’être clos. La stabilité de cette reprise dépendra désormais des conclusions de l’enquête et de la capacité des autorités à restaurer un dialogue sincère avec les étudiants.

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