Sonatel : Brelotte Bâ détaille sa stratégie face à l’arrivée de Starlink

La Sonatel a officiellement un nouveau directeur général. Depuis juillet dernier, Brelotte Bâ dirige le fleuron des télécommunications au Sénégal. Ce jeudi, il a rencontré la presse pour un premier échange consacré à l’actualité et aux perspectives du groupe, avec en toile de fond l’arrivée de Starlink, le fournisseur d’internet par satellite d’Elon Musk.
« Le respect strict de la réglementation »
Interrogé sur l’entrée de ce nouvel acteur sur le marché sénégalais, Brelotte Bâ s’est voulu mesuré mais ferme. Selon lui, le Code des télécommunications autorise la coexistence de plusieurs opérateurs, chacun avec sa technologie, mais impose aussi un cadre précis.
« Ce qu’il faut, c’est s’assurer que le code et les règles soient appliqués de manière équitable à l’ensemble des acteurs », a-t-il insisté, soulignant l’importance d’une concurrence régulée.
Une stratégie déjà en marche
Face à Starlink, Sonatel ne parle pas de réaction, mais de continuité stratégique. Le groupe affirme avoir investi plus de 120 milliards FCFA depuis 2017 dans le déploiement de la fibre optique. À ce jour, près d’un million de prises fibre ont été installées.
L’objectif est ambitieux : ajouter un million de prises supplémentaires dans les trois prochaines années afin de permettre à 1,5 million de ménages urbains d’accéder à la fibre d’ici 2028.
Cap sur les infrastructures sous-marines
Le DG a également mis en avant le câble sous-marin 2Africa, opérationnel depuis décembre 2025, qui multiplie par dix les capacités de connectivité internationale.
« Ce sont des projets qui s’anticipent sur plusieurs années. 2Africa a démarré en 2020 », a-t-il rappelé.
Un autre câble, provisoirement nommé Viafrica, est annoncé pour 2026, avec une mise en service prévue à l’horizon 2030.
Pour Brelotte Bâ, la logique est claire : « Ce n’est pas parce qu’un acteur arrive que nous changeons de cap. Nous accélérons une stratégie déjà engagée. »
5G et offres commerciales
Sonatel revendique aujourd’hui une couverture de 40 % de la population en 5G et prévoit de poursuivre son extension. L’opérateur met également en avant une diversification technologique incluant des solutions satellitaires.
Sur le plan tarifaire, le DG précise que l’offre fibre la moins chère d’Orange Sénégal démarre à 14 900 FCFA, avec des frais de service avoisinant 10 000 FCFA.
Il annonce par ailleurs une amélioration des performances : « Les débits ont été multipliés par trois, grâce à l’augmentation des capacités internationales. Et ce n’est qu’un début. »
Une bataille de qualité plus que de confrontation
Au-delà de la concurrence directe avec Starlink, Sonatel mise sur l’anticipation, la qualité de service et l’écoute client. L’arrivée d’un acteur mondial du satellite ouvre une nouvelle phase de compétition technologique au Sénégal, mais le leader historique entend conserver son avance en s’appuyant sur ses infrastructures lourdes et son maillage territorial.
Le marché sénégalais des télécommunications entre ainsi dans une nouvelle ère, marquée par la convergence entre fibre, 5G et internet satellitaire.

