« Vol systématique » et « Caisses taries » : Les syndicats d’enseignants fustigent des ponctions de salaires massives

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Le climat social s’électrise brutalement dans le secteur de l’éducation. Ce jeudi 26 février 2026, les leaders du SAEMS et du SELS sont montés au créneau pour dénoncer des retenues sur les salaires de février jugées « illégales » et « disproportionnées ». Pour El Hadji Malick Youm, l’État chercherait ainsi à combler un déficit budgétaire sur le dos des travailleurs.

DAKAR – La fin de mois est amère pour des milliers d’enseignants sénégalais. Alors que les bulletins de salaire tombent, la stupéfaction a laissé place à une colère noire. Les ponctions, liées aux récentes journées de grève, atteignent des sommets inédits, provoquant une levée de boucliers syndicale sans précédent.

Un « subterfuge » pour renflouer les caisses de l’État ?

Le secrétaire général du SAEMS (Syndicat autonome des enseignants du moyen-secondaire), El Hadji Malick Youm, n’a pas mâché ses mots dans les colonnes de L’Observateur. Selon lui, ces prélèvements ne sont pas une simple application de la loi sur le service non fait, mais une manœuvre financière désespérée.

« C’est un vol systématique organisé par l’État pour remplir ses caisses. Toutes les sources de financement se sont taries et ils n’ont pas d’autres moyens que de trouver ces subterfuges consistant à voler de façon indigne l’argent d’honnêtes travailleurs », a-t-il fustigé.

Des montants jugés « disproportionnés »

Les chiffres avancés par les leaders syndicaux témoignent de l’ampleur de la mesure. Pour quelques jours de grève, les coupes budgétaires sur les salaires individuels sont drastiques :

  • Au SAEMS : Des retenues variant entre 100 000 et 300 000 FCFA, correspondant à environ 5 à 7 jours de débrayage.
  • Au SELS : Amidou Diédhiou signale des ponctions allant de 50 000 à 281 000 FCFA.

Vers une paralysie du système éducatif ?

Cette situation risque de compromettre définitivement le reste de l’année scolaire 2025-2026. En qualifiant ces actes de « vol indigne », les syndicats ferment la porte au dialogue et préparent la riposte. Le sentiment d’injustice est d’autant plus fort que les enseignants estiment que le calcul des retenues ne respecte pas le prorata réel des jours de grève, parlant d’un acharnement financier destiné à casser le mouvement de contestation.

Du côté du gouvernement, on invoque généralement la règle comptable stricte : tout jour de grève entraîne une retenue sur salaire. Cependant, l’ampleur des sommes prélevées ce mois-ci laisse présager une bataille juridique et sociale intense dans les jours à venir.

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