Koungheul : Le cri de détresse de Diamaguène 2 Extension contre l’industrialisation et l’eau « rougeâtre »

Coincés dans un imbroglio administratif entre les communes de Fass Thiéckène et Koungheul, les résidents de Diamaguène 2 Extension ont brisé le silence ce dimanche. Entre le refus catégorique de l’implantation des entreprises ERA et Flexeau et une crise sanitaire liée à une eau impropre, le quartier exige des comptes aux autorités.
KOUNGHEUL, le 15 février 2026 – La tension est montée d’un cran ce matin dans les rues de Diamaguène 2 Extension. Ce quartier, qui constitue de fait le nouveau visage urbain de Koungheul tout en dépendant administrativement de Fass Thiéckène, fait face à une double menace : une industrialisation forcée et une défaillance grave des services de base.
Un « Non » catégorique à ERA et Flexeau
Le porte-parole des habitants, M. Sylla, a été on ne peut plus clair : l’installation des entreprises ERA (Énergie Rurale en Afrique) et Flexeau dans cette zone est perçue comme une agression contre leur cadre de vie.
- Vocation Résidentielle : Les habitants soutiennent que le quartier a été conçu pour l’habitation. L’arrivée d’activités industrielles ou logistiques est jugée incompatible avec la sécurité et la tranquillité des familles.
- Déni de démocratie locale : Les populations fustigent l’absence totale de consultation préalable. « Nous sommes des citoyens à part entière, nous payons nos impôts, et pourtant, on décide de notre avenir sans nous », a martelé M. Sylla.
- Cohésion sociale en péril : Les résidents redoutent que ces projets ne brisent l’harmonie du quartier et ne freinent un développement urbain cohérent.
L’urgence sanitaire : Une eau « rougeâtre et impropre »
Au-delà du conflit foncier, c’est une question de survie qui a dominé les échanges : la qualité de l’eau. Le liquide qui coule des robinets est décrit par les manifestants comme « rougeâtre » et totalement « impropre » à la consommation.
- L’appel à la SONES : Les habitants exigent un approvisionnement conforme aux standards de la Société Nationale des Eaux du Sénégal (SONES), dont bénéficie déjà le reste de la commune de Koungheul.
- La détresse des femmes : La représentante des femmes a directement interpellé le maire Alioune Badara. Elle a rappelé la pénibilité quotidienne de devoir gérer un foyer sans accès à une eau saine ni à une électricité stable, malgré les promesses électorales passées.
Un dialogue sous haute condition
Si la mobilisation est forte, les habitants ne ferment pas totalement la porte à la négociation. Toutefois, ils posent un préalable non négociable : le retrait des projets industriels de la zone résidentielle et l’apport immédiat de solutions concrètes pour l’accès à l’eau potable.
« Nous ne sommes pas contre le développement, mais nous refusons d’être les sacrifiés du progrès industriel », ont résumé les manifestants.
Le silence des autorités administratives et des responsables de la SENELEC, suite à la lettre ouverte envoyée précédemment, est désormais perçu comme un mépris que les populations ne comptent plus tolérer.

