Affaire Abdoulaye Ba : Guy Marius Sagna récuse les conclusions du Procureur et exige justice

Guy Marius Sagna ou la dérive d'un député en quête de vacarme – Lequotidien  – Journal d'information Générale

Le climat social autour de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) vient de monter d’un cran. Quelques heures seulement après la sortie du Procureur de la République, Ibrahima Ndoye, réfutant les thèses de violences physiques sur l’étudiant Abdoulaye Ba, le député Guy Marius Sagna a vigoureusement réagi. Le parlementaire dénonce une « insulte à l’intelligence » des Sénégalais et exige la libération des étudiants détenus.

Dakar, le 14 février 2026 – La controverse judiciaire s’installe durablement dans l’affaire du décès d’Abdoulaye Ba. Alors que l’opinion publique est encore sous le choc des détails de l’autopsie révélant des atteintes crânio-cérébrales et des fractures costales, la communication officielle du parquet a mis le feu aux poudres.

Le Procureur écarte la thèse des violences

Lors de son intervention ce samedi, le Procureur de la République, Ibrahima Ndoye, a tenu à apporter des précisions sur l’enquête en cours. Selon le magistrat, les éléments recueillis jusqu’ici « ne corroborent pas avec les rumeurs faisant état de violences physiques exercées sur la victime ». Une déclaration qui semble entrer en contradiction avec les rapports médicaux ayant fuité dans la presse, lesquels mentionnaient une violence extrême.

« Le Procureur ne doit pas insulter notre intelligence »

La réplique du député Guy Marius Sagna, figure de proue du mouvement Frapp, a été immédiate et cinglante. Dans une note publiée peu après la sortie du parquet, le parlementaire a fustigé une communication qu’il juge déconnectée de la réalité des faits.

« Le procureur de la République ne doit pas insulter notre intelligence », a-t-il martelé. Avec une ironie amère, il a rappelé que la victime, Abdoulaye Ba, « n’a pas exercé sur elle-même des violences ». Pour le député, écarter la piste des violences physiques face à de telles blessures relève d’une volonté d’étouffer la vérité sur les affrontements survenus à l’UCAD.

Un appel à l’apaisement par la libération des étudiants

Au-delà de la contestation des faits, Guy Marius Sagna a mis l’accent sur la situation carcérale d’autres étudiants. Pour lui, la sérénité ne reviendra pas dans l’espace universitaire sans des actes forts de l’exécutif. Il a officiellement appelé à :

  • La libération immédiate des étudiants Bathie Fall, Demba Ka et Waly Faye, actuellement retenus.
  • La poursuite rigoureuse des enquêtes pour identifier les véritables responsables de la mort d’Abdoulaye Ba.

Un écho aux réformes législatives

Cette crise de confiance entre une partie de la représentation nationale et l’institution judiciaire survient alors que l’Assemblée nationale examine des textes visant à renforcer la « sécurité juridique des citoyens » et la « crédibilité de l’administration publique ». Pour Guy Marius Sagna, la protection de l’individu, pilier de la République, passe nécessairement par une justice transparente et impartiale.

Alors que les amicales d’étudiants restent suspendues et que le collectif dénonce une « décision autoritaire », la sortie du député Sagna risque de cristalliser davantage la colère estudiantine.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *