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Assassinat à Thiès : le parquet requiert 20 ans de réclusion contre Y. Condé -

Assassinat à Thiès : le parquet requiert 20 ans de réclusion contre Y. Condé

La Chambre criminelle de Thiès a jugé, ce lundi, Y. Condé, un ressortissant burkinabè poursuivi pour assassinat et actes de barbarie sur la personne de son compatriote Idrissa. Les faits remontent au mois de décembre 2022 dans la commune de Thiès.

Selon l’acte d’accusation, le crime trouve son origine dans une rivalité professionnelle mêlée de jalousie. Le prévenu aurait très mal vécu la décision de leur employeur de lui retirer la gestion d’un champ au profit de la victime. Une frustration qui, selon l’accusation, aurait nourri un profond ressentiment et conduit au drame.

À la barre, Y. Condé a cependant contesté toute préméditation, affirmant entretenir des relations fraternelles avec la victime. « Idrissa était comme un frère pour moi », a-t-il déclaré. Il soutient que les faits sont survenus à la suite d’une altercation banale, liée à la préparation d’un repas, qui aurait dégénéré.

« Il m’a roué de coups de poing. J’ai saisi un bâton et je lui ai porté un coup à la tête. Il est tombé au sol. Je suis ensuite allé au champ. À mon retour, je l’ai trouvé mort », a expliqué l’accusé, invoquant la légitime défense.

Pris de panique après le décès de son compatriote, Y. Condé a reconnu avoir tenté de dissimuler la mort d’Idrissa en faisant croire à son entourage que ce dernier avait quitté la localité. Il a admis avoir transporté le corps et l’avoir abandonné dans un dépôt d’ordures, dans le but d’effacer toute trace de son acte. Le corps sans vie sera découvert plus tard par des enfants jouant à proximité.

Entendu comme témoin, M. Guèye, l’employeur des deux hommes, est revenu sur les circonstances de la disparition. « Quand j’ai interrogé Y. Condé, il m’a répondu qu’Idrissa était sorti. Deux jours plus tard, j’ai reçu une vidéo montrant un corps abandonné dans les ordures près du champ. C’était bien lui », a-t-il confié à la barre.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République a vivement critiqué l’attitude de l’accusé, estimant que son comportement après les faits — notamment la dissimulation des vêtements et du téléphone de la victime — démontre une lucidité incompatible avec la thèse de l’accident. Le parquet a ainsi requis la requalification des faits d’assassinat en meurtre et a demandé une peine de 20 ans de réclusion criminelle.

L’affaire a été mise en délibéré. Le verdict est attendu le 9 mars 2026.