COUR DES COMPTES : Un plan stratégique 2026-2030 pour une gouvernance « qui pèse »

L’institution supérieure de contrôle des finances publiques se dote d’une nouvelle boussole pour les cinq prochaines années. Ce plan, qui succède à celui de 2020-2024, ambitionne de transformer la Cour en un acteur central et influent de la réforme de l’État et de la transparence budgétaire.
1. « De la Cour qui compte à la Cour qui pèse »
C’est le slogan fort de cette nouvelle mandature. Mamadou Faye a souligné que l’institution ne doit plus se contenter de produire des chiffres, mais doit devenir un véritable levier d’influence pour :
- La reddition des comptes : Garantir que chaque franc public est justifié.
- L’impact citoyen : Rendre les rapports plus accessibles et compréhensibles pour le grand public afin de renforcer le contrôle citoyen.
- Le leadership : Asseoir la position de la Cour en tant que gardienne de la probité dans l’administration.
2. Les 5 piliers de la transformation (2026-2030)
Le document stratégique repose sur des principes directeurs clairs :
- Culture du résultat : Optimiser les délais de jugement et de publication des rapports.
- Modernisation technologique : Digitaliser les processus de contrôle pour plus d’efficacité.
- Capital humain : Valoriser le « réservoir de compétences » de la Cour par la formation continue.
- Communication stratégique : Renforcer les relations avec les médias et les parties prenantes.
- Inclusivité : Adopter une approche participative associant acteurs internes et partenaires externes.
3. Consolider pour mieux innover
Le bilan du plan précédent (2020-2024) a été jugé positif par Mamadou Faye, ayant permis d’améliorer significativement les performances de contrôle malgré les crises mondiales. Pour 2030, la Cour vise une modernisation radicale de ses méthodes d’intervention, intégrant notamment les enjeux de la transition numérique et de la transparence extractive (gaz et pétrole).
Ce Plan Stratégique 2026-2030 arrive à un moment charnière, où la demande de redevabilité des Sénégalais est à son apogée. En choisissant de « peser » plutôt que de simplement « compter », la Cour des comptes s’engage dans une voie plus politique (au sens noble) et plus sociale. Le défi sera d’assurer l’indépendance totale de ses magistrats face aux pressions extérieures tout en garantissant que ses recommandations soient suivies d’effets judiciaires ou administratifs concrets.

