SÉCURITÉ : La SR de Kaolack démantèle un réseau de vente d’armes artisanales

La Section de Recherches de Kaolack a porté un coup d’arrêt à un trafic d’armes circulant entre Touba et la zone centre du Sénégal. L’opération a conduit à l’arrestation de deux individus, dont un septuagénaire, et à la saisie de plusieurs pistolets de fabrication artisanale.
1. Une enquête partie d’une simple saisie de drogue
Tout commence à Ngathie Naoudé lors d’une banale opération antidrogue. Les gendarmes interpellent A. Mbaye avec du chanvre indien. C’est la perquisition de son domicile qui fait basculer l’affaire : les enquêteurs y découvrent deux pistolets artisanaux et des munitions.
2. Le « vendeur au cartable » de 78 ans
Mis sous pression, A. Mbaye dénonce son fournisseur : N. Niang, un vieil homme de 78 ans résidant à Touba. Le mode opératoire de ce dernier était aussi discret qu’efficace :
- Mobilité : Malgré son âge, il écumait les marchés hebdomadaires (loumas), notamment celui de Birkelane.
- Discrétion : Il transportait ses armes dissimulées dans un simple cartable.
- Prix : Les pistolets étaient bradés à 12 000 F CFA l’unité.
- Cible : Il visait principalement des éleveurs désireux de protéger leur bétail contre le vol de bétail.
3. L’embuscade du 25 janvier à Birkelane
Le dimanche 25 janvier 2026, la SR organise une opération au marché de Birkelane. N. Niang est cueilli en flagrant délit avec trois pistolets et 75 cartouches dans son sac. S’il avoue se fournir au marché noir de Touba, il tente paradoxalement de nier tout lien avec son complice A. Mbaye.
4. Un lien avec le braquage de l’hôtel « Le Jardin »
L’aspect le plus grave de l’enquête concerne l’usage de ces armes. Les expertises balistiques et les témoignages établissent une corrélation entre ce réseau et plusieurs actes criminels, dont l’attaque violente de l’hôtel Le Jardin à Kahone, survenue le 29 décembre 2025.
Ce démantèlement confirme une tendance inquiétante : la prolifération d’armes artisanales à bas prix (12 000 F CFA) qui finit par alimenter le grand banditisme urbain et rural. Si certains acheteurs invoquent l’autodéfense pour leurs troupeaux, ces armes « low-cost » se retrouvent fatalement entre les mains de braqueurs, comme on l’a vu à Kahone. La vigilance de la SR de Kaolack dans les « loumas » reste une stratégie clé pour briser cette chaîne logistique.

