Dérapage à l’Assemblée : Un député RN compare la fiscalité au génocide des Tutsi

L’hémicycle de l’Assemblée nationale a été le théâtre d’une vive indignation ce jeudi 15 janvier 2026. Frédéric Pierre-Vos, député du Rassemblement National, a suscité un tollé général en utilisant une métaphore macabre liée au génocide rwandais lors d’un débat sur la fiscalité des entreprises.
Une comparaison jugée « inadmissible »
Alors qu’il intervenait sur le pacte Dutreil, un dispositif d’abattement fiscal pour la transmission d’entreprises, le député de l’Oise a lancé une phrase qui a immédiatement glacé l’ambiance :
« Vous transformer en Tutsi pour couper les Hutu sous prétexte qu’ils étaient plus grands. »
Cette référence ironique aux massacres à la machette de 1994 a provoqué une réaction immédiate de la gauche et de la majorité présidentielle. Cyrielle Chatelain (Écologistes) a dénoncé une « attitude négationniste », soulignant l’indécence de comparer la contribution fiscale à l’extermination de 800 000 personnes.
L’émotion d’Hervé Berville
Le moment le plus fort de cet incident a été la réaction d’Hervé Berville. Le député Renaissance, lui-même orphelin du génocide des Tutsi, a dénoncé une phrase « intolérable » qui, selon lui, « inverse la victime et le bourreau ». Il a fustigé le manque de respect pour la mémoire des victimes, surtout au sein d’une institution républicaine.
Vers des sanctions lourdes ?
Face à la gravité des faits, le président du groupe socialiste Boris Vallaud a demandé que le Bureau de l’Assemblée nationale se saisisse du dossier. Ce dernier est l’instance capable de prononcer les sanctions les plus sévères (allant jusqu’à l’exclusion temporaire). La présidente de séance a confirmé qu’elle saisirait la présidence de l’institution.
Sentant l’ampleur du malaise, le groupe RN, par la voix de Jean-Philippe Tanguy, a présenté ses excuses officielles, assurant honorer la mémoire des victimes. Cependant, pour de nombreux députés, le mal est fait : cette séquence illustre les difficultés persistantes dans la pleine reconnaissance et le respect de la mémoire de ce drame historique au sein de la classe politique française.

