Sénégal : Le secteur du BTP et de la cimenterie en plein séisme économique

Rien ne va plus dans le secteur de la construction au Sénégal. Entre l’arrêt brutal de nombreux chantiers publics et privés et la mévente qui frappe les cimenteries, l’économie nationale subit un coup d’arrêt majeur. Ce gel des activités entraîne non seulement des licenciements massifs, mais aussi un manque à gagner colossal pour les caisses de l’État.
Des chantiers à l’arrêt et un secteur privé asphyxié
Partout dans le pays, le paysage urbain est marqué par des squelettes de béton inachevés. La crise du bâtiment et des travaux publics (BTP) n’épargne personne. Les grands projets de l’État subissent des retards de paiement qui forcent les entreprises à suspendre les travaux, tandis que le secteur immobilier privé est freiné par l’inflation des coûts des matériaux et la difficulté d’accès au crédit.
Ce ralentissement a un effet domino immédiat sur les cimenteries. Ces géants industriels, qui tournaient à plein régime il y a encore deux ans, font face à une baisse drastique de la demande. Les stocks s’accumulent et les fours tournent au ralenti, menaçant des milliers d’emplois directs et indirects.
Un impact budgétaire lourd pour l’État
Les conséquences ne sont pas que sociales ; elles sont profondément budgétaires. Le secteur du BTP est l’un des principaux contributeurs aux recettes fiscales via la TVA et les droits de douane.
- Chute des recettes fiscales : Moins de ciment vendu et moins de marchés exécutés signifient une baisse directe des taxes collectées.
- Pertes financières : Le gel des chantiers publics entraîne des surcoûts liés aux frais de démobilisation et de remobilisation des entreprises, que l’État devra tôt ou tard compenser.
- Baisse de la croissance : Le BTP étant traditionnellement un moteur du PIB sénégalais, sa paralysie ralentit l’ensemble de la machine économique.
Vers une urgence de relance ?
Face à cette situation, les acteurs du secteur (entrepreneurs, syndicats et industriels du ciment) interpellent le gouvernement. Ils réclament une apurement de la dette intérieure pour redonner du souffle aux entreprises et une politique de relance par l’habitat social.
Sans une intervention rapide pour débloquer les financements et stabiliser le coût des intrants, le secteur risque de s’enfoncer dans une récession durable, emportant avec lui les espoirs de souveraineté infrastructurelle.

