Enseignement supérieur : Le SAES dénonce des « injustices persistantes » et annonce une mobilisation générale

Réuni ce samedi 10 janvier 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), le Secrétariat national du Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) a dressé un réquisitoire sévère contre la gestion actuelle du système universitaire. Entre irrégularités dans la mobilité vers la Guinée et blocages administratifs des pensions, le syndicat prépare la riposte.

Recrutements en Guinée : Halte au cumul d’emplois

L’annonce du recrutement de 59 enseignants sénégalais par la fonction publique guinéenne a fait l’effet d’une bombe. Si le SAES reconnaît que la majorité des profils (docteurs sans emploi et retraités) est libre de tout engagement, il pointe du doigt une anomalie majeure : douze enseignants-chercheurs en activité dans les universités publiques sénégalaises figurent sur cette liste.

Le syndicat rappelle fermement que la loi interdit d’occuper simultanément deux emplois permanents. Tout en appelant ces enseignants à se conformer à la réglementation, le SAES exhorte les autorités à clarifier les mécanismes du protocole d’accord signé entre le Sénégal et la Guinée en mai 2025.

« Pour régler durablement le déficit d’encadrement, le MESRI doit procéder à un recrutement massif de docteurs sans emploi, conformément aux accords de 2023 », martèle le Secrétariat national.

Pensions de réversion : Une victoire juridique, un échec administratif

Le SAES ne décolère pas face au sort réservé aux familles des enseignants décédés. Malgré la signature du décret n°2025-398 du 7 mars 2025, censé corriger l’injustice des pensions de réversion, de nombreuses veuves et orphelins attendent toujours leur dû.

Le syndicat fustige la lenteur du Fonds National de Retraite (FNR) et du ministère de l’Enseignement supérieur, qualifiant cette situation de mépris envers ceux qui ont servi la nation.

Le sort « incompréhensible » des retraités étrangers

Autre point de tension : le blocage des pensions pour les enseignants-chercheurs de nationalité étrangère ayant fait leur carrière au Sénégal. Le SAES dénonce un refus de liquidation de leurs dossiers par le FNR depuis plus d’un an.

  • Le constat : Ces enseignants ont cotisé au même titre que leurs collègues sénégalais.
  • L’exigence : Le paiement immédiat des pensions au nom de l’équité et du droit international.

Vers une confrontation

Face à l’absence de réponses concrètes de la part du gouvernement (Ministères des Finances, de l’Enseignement supérieur et Haut Conseil du Dialogue Social), le SAES a annoncé une mobilisation générale de ses militants dans les jours à venir. Le climat social dans les universités sénégalaises, déjà fragile, s’apprête à connaître une nouvelle période de fortes turbulences.

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