Tension à l’UCAD : Le Ministre de l’Enseignement supérieur exfiltré face à la fureur des étudiants

La visite officielle du ministre de l’Enseignement supérieur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a tourné au fiasco ce jeudi. Venu inspecter les chantiers de la cité Claudel, le représentant du gouvernement a été accueilli par une vague de contestation d’une rare violence verbale, l’obligeant à quitter les lieux précipitamment sous protection sécuritaire.
« Les pierres le feront partir »
Le climat était électrique dès l’arrivée du convoi ministériel. Les délégués des étudiants, excédés par des mois de promesses non tenues, n’ont pas mâché leurs mots. « Il doit partir, sinon ce sont les pierres qui le feront partir », a martelé Waly Diouf, président de l’Amicale de la Faculté des Lettres, selon des propos rapportés par Le Quotidien.
Face à une foule déterminée à bloquer le passage, le service de sécurité a dû intervenir rapidement pour exfiltrer le ministre, écourtant ainsi une visite qui devait initialement mettre en avant les efforts de l’État en matière d’infrastructures.
Le cri de détresse des Master 1 : 13 mois sans bourses
Au cœur de cette colère se trouve une situation sociale jugée insupportable. Les étudiants dénoncent un cumul d’arriérés de bourses atteignant 13 mois pour les étudiants en Master 1. Pour les grévistes, ce retard est vécu comme une trahison, d’autant plus qu’ils avaient accepté de suspendre leur mouvement de grève pour sauver l’année universitaire.
« Notre sens des responsabilités a été payé par le mépris », s’indignent les délégués, fustigeant un dialogue de sourds avec une tutelle qu’ils jugent déconnectée des réalités précaires du campus.
Des promesses ministérielles dans un étau budgétaire
Malgré les huées, le ministre a tenté de faire passer son message de rassurance. Il a rappelé que l’État est à pied d’œuvre pour accroître les capacités d’accueil et s’est engagé à éponger progressivement la dette due aux repreneurs des restaurants universitaires au cours de cette année 2026.
Toutefois, le discours officiel se heurte à une réalité économique implacable. La tutelle a dû admettre que ces efforts s’inscrivent dans un « contexte budgétaire très difficile », tout en réitérant que la prise en charge sociale demeure une priorité absolue du gouvernement. Une explication qui peine à convaincre des étudiants dont la patience semble avoir atteint ses limites.

