Université Cheikh Anta Diop de Dakar : Abdou Salam Sall relance le débat sur une police universitaire

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Invité de l’émission Jury du Dimanche, le professeur Abdou Salam Sall, ancien recteur de l’UCAD, a remis au cœur du débat une proposition restée sans suite : la création d’une police universitaire chargée d’assurer durablement la sécurité sur le campus.

Alors que l’institution traverse une nouvelle zone de turbulences marquée par des grèves, des affrontements et récemment la mort d’un étudiant, l’ancien responsable académique estime qu’il est temps d’aborder sans tabou la question sécuritaire.

« Une université fonctionne comme une ville »

Pour le Pr Sall, les crises universitaires ne sont pas un phénomène inédit. « L’UCAD en connaît depuis 1968. Mais ce qui inquiète aujourd’hui, c’est la montée de la violence », a-t-il déclaré.

Avec près de 100 000 personnes — étudiants, enseignants, personnel administratif — l’université fonctionnerait, selon lui, comme une véritable ville. « Toute ville a besoin d’un dispositif de régulation », a-t-il soutenu, précisant que l’idée ne vise pas à militariser le campus, mais à mettre en place un mécanisme interne de prévention et de gestion des violences.

Un dispositif encadré et disciplinaire

Le projet reposerait sur deux piliers :

  • un corps de sécurité universitaire formé spécifiquement au contexte académique ;
  • un système de vidéosurveillance pour identifier les auteurs d’actes violents.

Selon l’ancien recteur, l’objectif ne serait pas la répression systématique, mais la responsabilisation. « Lorsqu’on peut identifier clairement les auteurs de violences, on peut les traduire devant les conseils de discipline. Cela change la donne », a-t-il expliqué.

Il affirme que cette proposition avait été soumise aux autorités étatiques sans jamais être mise en œuvre.

Protéger l’espace académique

Pour Abdou Salam Sall, l’enjeu dépasse la gestion ponctuelle des crises. Il s’agit de préserver l’université comme espace de savoir, de débat et de formation. Les violences répétées affectent, selon lui, non seulement l’image de l’UCAD, mais également son fonctionnement académique et sa visibilité internationale.

Il rappelle toutefois que la majorité des étudiants ne participe pas aux troubles : « Chaque fois qu’il y a des perturbations sur l’avenue Cheikh Anta Diop, la bibliothèque reste pleine. »

La police universitaire viserait donc une minorité responsable des débordements, dans une logique d’autonomie institutionnelle. « Il ne s’agit pas de restreindre les libertés, mais de garantir un climat propice aux études et à la recherche », a conclu l’ancien recteur.

Le débat est désormais relancé, dans un contexte où la question de la sécurité universitaire demeure particulièrement sensible.

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