Thiès / Fête du 4 Avril : Entre querelles d’ego et enjeux nationaux, l’appel au calme de « Thiès D’abord »

Fête de l'indépendance 2026 : la célébration du 4 avril délocalisée à Thiès

THIÈS — À un mois de la célébration de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale, la capitale du Rail, choisie pour abriter les festivités nationales, est le théâtre d’une guerre fratricide entre ses édiles. Entre accusations de récupération politique et cavaliers seuls au Palais, le climat social s’alourdit, poussant les mouvements citoyens à monter au créneau.

Par la Rédaction

Le 4 avril 2026 devait être un moment de communion et de fierté pour Thiès. Pourtant, l’ambiance actuelle ressemble davantage à un champ de bataille électoral qu’à des préparatifs de fête nationale. Au cœur de la discorde : la gestion de l’organisation et la visibilité politique qui en découle.

Le duel des maires : Ousmane Diagne vs Babacar Diop

L’étincelle est venue de la mairie de Thiès-Est. Son édile, Ousmane Diagne, n’a pas mâché ses mots pour fustiger la démarche du maire de la ville, Babacar Diop. Selon lui, ce dernier tenterait de s’accaparer l’événement à des fins de promotion personnelle, au détriment d’une approche inclusive qui prendrait réellement en compte les préoccupations des Thiessois (plan de circulation, impact sur le commerce local, etc.).

Ces accusations ont ravivé des rivalités latentes, jetant un froid sur les commissions de travail. Si Babacar Diop a bien initié un forum de réflexion et invité ses collègues maires, son récent déplacement en solo au Palais de la République pour rencontrer le Chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a fini de cristalliser les mécontentements.

« Thiès D’abord » siffle la fin de la récréation

Face à ce spectacle désolant sur les réseaux sociaux et dans les médias, Habib Vitin, président du mouvement « Thiès D’abord », a décidé de sortir de sa réserve. Pour ce leader d’opinion, l’image de la ville est en jeu.

« Aucun acteur ne doit s’approprier cette cérémonie nationale. Elle appartient au peuple sénégalais », a martelé Habib Vitin, appelant les maires au dépassement et à la responsabilité.

Tout en reconnaissant les efforts initiaux de Babacar Diop, le président de « Thiès D’abord » juge « inopportun » le fait que le maire de la ville ait porté ses propres doléances locales devant le Président sans une démarche collective. De même, il estime que la sortie virulente d’Ousmane Diagne n’a fait qu’envenimer une situation déjà fragile.

Un enjeu de crédibilité face à l’État

Pour Habib Vitin et de nombreux citoyens, Thiès n’a pas le droit à l’erreur. Recevoir le défilé national est un test de maturité pour les autorités locales. L’appel à l’unité lancé par le mouvement « Thiès D’abord » sonne comme un ultime rappel à l’ordre : l’intérêt général doit primer sur les calculs politiciens.

Les populations, elles, attendent des réponses concrètes sur l’assainissement, l’éclairage public et la fluidité du trafic durant les festivités, loin des joutes verbales entre mairies.

La ville de Thiès mérite une attention équilibrée des autorités centrales, mais elle doit d’abord prouver qu’elle sait parler d’une seule voix. À quelques semaines de l’échéance, la balle est dans le camp des édiles : sauront-ils transformer ce 4 Avril en succès populaire ou laisseront-ils les rivalités d’ego gâcher la fête ?

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